Un centre de tri à l'arrêt, toute la Corse-du-Sud touchée
Le centre de tri de Campo dell'Oro, à Ajaccio, est en grève depuis le 27 juillet. Le mouvement, déclaré illimité, bloque l'acheminement du courrier et des colis sur l'ensemble du département : de Bonifacio à Porto-Vecchio, en passant par Sartène et la ville préfecture. Selon l'intersyndicale CGT-STC, près de 80 % des agents titulaires présents participent au mouvement. Les accès au site sont bloqués, rendant impossibles toute entrée ou sortie de marchandises.
Conséquence immédiate : aucun envoi n'est distribué. Les plateformes et entrepôts accumulent les volumes ; plus de 5 000 colis seraient actuellement en attente, selon les syndicats, provoquant des retards importants pour les particuliers et les commerçants locaux.
La source du conflit : la mise en place du plan « Multiflux »
Au cœur du conflit figure la nouvelle organisation baptisée Multiflux, entrée en vigueur le 20 juillet. Elle fusionne les anciens établissements courrier-colis et le centre de tri sous une direction unique. Pour l'intersyndicale, cette réforme bouleverse profondément les conditions de travail et les possibilités de complément de salaire.
« Nous sommes passés d'une organisation à 42 heures avec un système de jours de repos permettant, pour ceux qui le souhaitaient, d'effectuer des heures supplémentaires, à une organisation à 35 heures. Ceux qui réalisaient ces heures supplémentaires pouvaient compléter leur salaire d'environ 200 euros par mois. Aujourd'hui, cette possibilité disparaît complètement. »
Les syndicats estiment que le passage à 35 heures a pour effet d'éliminer une source de revenus complémentaire pour un certain nombre d'agents, entraînant une perte de pouvoir d'achat et une modification des rythmes de travail.
Des effectifs jugés insuffisants : la revendication des huit postes
L'autre point central des revendications porte sur les effectifs. L'intersyndicale dit avoir calculé un manque de huit positions : cinq pour le service logistique et collecte, et trois pour les tournées de distribution. Les représentants soulignent toutefois qu'il ne s'agit pas nécessairement d'une demande d'embauches immédiates mais d'une reconnaissance des besoins pour assurer le service.
- Date de la réforme : 20 juillet
- Début de la grève : 27 juillet
- Taux de participation syndical : environ 80 %
- Colis en attente : plus de 5 000
- Postes revendiqués : 8 (5 logistique/collecte, 3 distribution)
Impact local et perspectives
Sur le terrain, les commerçants craignent des pertes de recettes, notamment ceux qui dépendent du commerce en ligne et des livraisons régulières. Les administrations et particuliers signalent des courriers importants différés. La direction de La Poste et l'intersyndicale ont mené plusieurs heures de négociations, sans accord publicisé à ce stade.
| Enjeu | Conséquence locale |
|---|---|
| Blocage des accès | Arrêt total des flux entrants et sortants |
| Perte de compléments salariaux | Tension sociale et revendications financières |
| Manque de positions | Risque de baisse de qualité du service |
Dans les villages et quartiers, la colère se mêle à l'inquiétude : la poste reste un service de proximité essentiel, et sa paralysie rappelle combien les organisations logistiques pèsent sur la vie quotidienne. Les prochains jours seront décisifs : si la mobilisation se poursuit, il faudra envisager des plans d'urgence pour la distribution, ou un calendrier de discussions plus poussé entre la direction et les syndicats.
Les usagers sont invités à suivre les communiqués officiels de La Poste et des organisations syndicales pour connaître l'évolution de la situation et les modalités pratiques liées aux envois en souffrance.