Crise de confiance au sommet du football mondial
La tempête s’abat sur la Fifa. Hier, sous le feu des critiques, Gianni Infantino a annoncé l’abandon du projet de création d’une entité commerciale — la Fifa Forward Entreprise (FFE) — qui devait ouvrir une part de l’exploitation de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Ce recul, loin d’apaiser les tensions, a déclenché une réaction officielle et cinglante de l’UEFA, qui estime que le président de la Fifa a «perdu la confiance» de ses pairs.
Le plan, présenté en marge des instances dirigeantes, visait à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars pour le développement du football sur quatre ans. Mais la proposition, perçue comme une marchandisation du sport et critiquée pour son opacité, a suscité une fronde immédiate et nourri des soupçons de conflits d’intérêts. La sortie d’Infantino ne règle rien des interrogations sur la méthode.
«Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions […] qui ne sont plus dans l’intérêt de l’objectif initial»
Ce communiqué du président de la Fifa, reproduit par l’instance, reconnaît la portée disruptive du dossier mais souligne aussi la fragilité du pouvoir exercé : la démission récente de son conseiller principal, Carlos Cordeiro, a contribué à isoler davantage la présidence. L’UEFA, elle, ne se contente pas de paroles. Dans un texte ferme, elle demande «d’identifier les responsables et leur demander des comptes», laissant entendre qu’un examen plus large des pratiques de gouvernance pourrait suivre.
Enjeux et conséquences
- Politique interne : la confiance entre fédérations est rompue ; la porte s’ouvre à l’émergence d’un adversaire à la présidence Fifa avant le scrutin de 2027.
- Opacité et gouvernance : le mode d’élaboration du projet — présenté «à la surprise générale» selon les sources — alimente les critiques sur la transparence des décisions.
- Finances du football : l’idée d’attirer des capitaux privés pour doper les programmes de développement reste contestée et maintenant mise en pause.
Sportivement, la controverse n’affecte pas directement les compétitions mais porte atteinte à la légitimité des décideurs. La Fifa devra désormais expliquer non seulement le pourquoi du retrait, mais aussi les mécanismes de décision qui ont permis l’émergence d’un tel projet. Les fédérations européennes, par la voix de l’UEFA, ont clairement annoncé leur intention de pousser pour des comptes.
| Point | État |
|---|---|
| Valeur visée du projet | 10 milliards de dollars |
| Décision | Retrait du projet par la Fifa |
| Conséquence interne | Perte de confiance selon l’UEFA |
| Démission notable | Carlos Cordeiro |
La période qui s’ouvre est politique. La Fifa, qui voulait sécuriser des ressources importantes pour ses projets, se retrouve dos au mur. L’UEFA, en dénonçant des «manœuvres secrètes menées à un rythme effréné», pose la question du contrôle et du rôle des acteurs privés dans le football mondial. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, cette crise pourrait redessiner les alliances et contraindre les dirigeants à plus de transparence — ou à une recomposition de la hiérarchie mondiale du ballon rond.