Un maire qui use de la provocation comme outil politique
À Koungou, la manière de faire de Saïd Ahamadi, surnommé « Raos », bouscule les codes habituels de la communication municipale. Sur Facebook, le maire joue avec les registres : de la caricature — perruque, nez rouge, nœud papillon — à la mise en scène d’un élu qui se veut proche du terrain. Cette stratégie séduit certains soutiens mais provoque aussi de vives réactions au sein de la commune.
Ses publications oscillent entre moments légers et annonces à forts impacts : il commente l’actualité locale, répond à ses opposants, montre son quotidien et multiplie les mises en scène, allant jusqu’à se présenter comme un justicier roulant sur les routes de Koungou pour affronter la délinquance.
Des vidéos malvenues après un drame
La tonalité provocatrice de l’élu a particulièrement choqué après l’incendie de Majicavo-Koropa qui a entraîné la mort d’une femme enceinte et de deux enfants. Le lendemain du drame, une vidéo du maire, en vacances à Madagascar, où il danse et évoque les « vertus » de la danse et le bonheur, a suscité une onde de colère chez des habitants endeuillés et des internautes.
« il y avait de l'argent volé »
Les prises de position publiques de Raos vont toutefois au‑delà du spectacle : il utilise sa tribune pour annoncer des décisions municipales. Le 20 juin, il a indiqué que la commune ne financerait plus les collations scolaires à la rentrée 2026, mettant en cause le fonctionnement de la Caisse des écoles et alléguant, selon ses propos, qu’« il y avait de l'argent volé ». Cette déclaration, faite sans présentation de preuves publiques, a alarmé plusieurs familles.
Conséquences et inquiétudes pour les habitants
Plusieurs points soulèvent des interrogations concrètes chez les Mahorais de Koungou :
- La suppression annoncée des collations scolaires pourrait affecter des élèves dépendants de ce service.
- La communication spectacle peut minimiser la gravité d’événements tragiques et heurter les victimes et leurs proches.
- L’usage des réseaux sociaux pour des décisions lourdes de conséquences pose des questions de transparence et de procédure.
| Date | Évènement |
|---|---|
| 20 juin | Annonce de la fin du financement des collations scolaires |
| 11 août (lendemain de l'incendie) | Vidéo du maire en vacances suscitant l'indignation |
Pour certains habitants, la posture provocatrice est une manière de rester visible et de mobiliser une base. Pour d'autres, elle rend difficile l’exercice apaisé des responsabilités publiques et pourrait réduire la confiance dans les institutions municipales.
Vers quelles réponses institutionnelles ?
Les procédés de communication du maire mettent en relief un vide normatif : comment concilier la liberté d’expression d’un élu et l’obligation de dignité et de responsabilité envers la population, surtout après des drames ? À Koungou, les réactions locales — familles inquiètes, soutiens qui reprennent ses codes, opposants — montrent que la question dépasse la simple polémique en ligne et revient au cœur de la gouvernance municipale.
En attendant des éclaircissements ou des mesures formelles, les habitants gardent un œil critique sur les annonces publiques et sur l’impact concret de décisions prises ou annoncées sur les réseaux sociaux. Les conséquences pour les services scolaires et la gestion locale restent au centre des préoccupations.