Une baisse marquée des premières demandes d'asile en 2025
Mayotte a vu le nombre de primo-demandeurs d'asile reculer de manière nette en 2025 : 1 492 premières demandes ont été déposées sur l'île, soit une diminution de 37,2 % par rapport à 2024 (où 2 463 demandes avaient été enregistrées). Ce recul apparaît dans le bilan d'activité 2025 publié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
Les autorités de l'office imputent largement cette baisse à la fermeture de leur guichet unique à Mamoudzou, rendu inutilisable après le passage du cyclone Chido en décembre 2024. Les locaux ont été endommagés et sont restés en travaux : un marché de remise en état a été attribué en décembre 2025.
Des conséquences quantifiées dans les Outre-mer
En 2025, Mayotte ne représente plus que 11,2 % des 14 180 demandes examinées dans les territoires d'Outre-mer, contre 17,6 % un an plus tôt. Malgré la baisse du nombre de dossiers, le taux d'admission est resté stable : 52,7 % des demandes ont été acceptées en 2025, contre 50,6 % en 2024.
- Pays d'origine : la République démocratique du Congo (RDC) représente environ la moitié des demandes.
- Deuxième pays : la Somalie concentre près de 24 % des demandes.
- Les Comores : tombent à la troisième position avec 14 % des demandes, contre 25 % en 2024.
« conflits d’ordre privé, qu’il s’agisse de différends fonciers, de litiges successoraux ou encore de violences exercées dans le cadre conjugal ou familial »
L'Ofpra précise que, pour les demandeurs originaires d'Anjouan (Comores), les motifs invoqués relèvent souvent de conflits privés — litiges fonciers, successions, violences familiales — mais note aussi une progression des demandes liées à des persécutions pour engagement politique. Pour les ressortissants de la RDC, les demandes restent majoritairement motivées par le conflit armé dans l'est du pays.
Accès aux droits et services fragilisés
La fermeture prolongée de l'antenne de Mamoudzou change la donne sur le terrain : formalités, rendez-vous et entretiens sont rendus plus complexes, ce qui peut expliquer une baisse des dépôts de dossiers mais aussi poser un risque d'accès réduit à la protection et aux droits associés. Des acteurs associatifs et des travailleurs sociaux alertent depuis plusieurs mois sur ces difficultés, soulignant la nécessité d'un accueil de proximité pour des populations souvent vulnérables.
| Année | Premières demandes à Mayotte | Taux d'admission |
|---|---|---|
| 2024 | 2 463 | 50,6 % |
| 2025 | 1 492 | 52,7 % |
La réparation de l'antenne et la reprise normale des activités restent des points clés pour restaurer l'accès aux procédures. En attendant, la baisse des demandes ne signifie pas nécessairement une diminution des besoins de protection sur le terrain, mais peut traduire un défaut d'accès aux dispositifs administratifs essentiels.
En filigrane, ces chiffres posent la question du lien entre sinistralité climatique — ici l'impact du cyclone Chido — et capacité d'un territoire à assurer des services publics sensibles, avec des effets directs sur des populations migrantes déjà fragilisées.