Une matinée dédiée aux personnes qui accompagnent un proche vulnérable
À l’occasion de la Journée nationale des aidants, l’Association Départementale des Aidants Familiaux de Mayotte (ADAFM) a organisé une matinée d’informations et d’échanges à Passamainty. L’objectif était simple : donner des outils, rompre l’isolement et montrer l’importance d’un accompagnement qui, sur le territoire, repose principalement sur la famille.
Selon les intervenants, la question des aidants est particulièrement prégnante à Mayotte. La coordinatrice de l’ADAFM a rappelé que « 1 personne sur 10 » est concernée par la problématique. Contrairement à la métropole, où des structures d’accueil existent, ici « c’est la mère, c’est l’enfant, c’est la famille qui prend soin de la personne vulnérable », a-t-elle expliqué, soulignant le poids socioculturel de ce rôle.
"En métropole, on a la possibilité de laisser un parent dans une structure adaptée. À Mayotte, l'aidant est ancré dans le domaine socioculturel, c'est vraiment mahorais."
Les organisateurs ont voulu articuler information et soutien pratique. Plusieurs stands et ateliers ont été proposés, parmi lesquels des formations aux gestes et postures pour déplacer une personne sans se blesser, ainsi que des sessions de premiers secours adaptées au contexte de l’aidant, souvent la première personne présente en cas d’incident.
- Formations pratiques : gestes et postures, premiers secours.
- Soutien psychologique : groupes de parole et accompagnement individualisé.
- Informations administratives : aides et allocations, notamment l’AJPA.
Un stand de la CSSM (Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte) permettait de renseigner le public sur les dispositifs existants, en particulier l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA), destinée à permettre à une personne de rester à domicile pour s’occuper d’un proche malade.
Le directeur général adjoint de la CSSM a alerté sur la fragilité des aidants : certains s’épuisent physiquement et psychologiquement, au point que leur santé se dégrade avant celle de la personne aidée. Ce constat renforce l’urgence de proposer des dispositifs de répit et d’accompagnement pour prévenir l’épuisement.
Une décennie d’action mais des financements en question
L’événement coïncide avec les dix ans d’engagement de l’association sur le territoire. Malgré la longévité de son action, l’ADAFM pointe des difficultés récurrentes pour obtenir des financements institutionnels. Les organisateurs veulent que la visibilité donnée par cette journée permette d’accélérer la reconnaissance et le soutien financier.
| Service | Objectif |
|---|---|
| Formations gestuelles | Préserver la santé physique de l’aidant |
| Groupes de parole | Offrir un soutien psychologique et briser l’isolement |
| Accompagnement administratif | Faciliter l’accès aux aides comme l’AJPA |
Au-delà des réponses immédiates, l’ADAFM appelle à une réflexion collective sur l’organisation du soutien aux personnes vulnérables à Mayotte : renforcer les formations, développer des solutions de répit locales et obtenir des financements pérennes pour structurer l’offre.
Pour les familles, ces actions se traduisent par des bénéfices concrets : moins de blessures liées aux mauvais gestes, une meilleure connaissance des aides disponibles et un espace pour partager le fardeau moral de l’accompagnement. Mais pour que ces avancées perdurent, les acteurs locaux et les institutions devront transformer la visibilité en engagements budgétaires et en politiques publiques adaptées au contexte mahorais.
Pratique : l’ADAFM indique proposer régulièrement des sessions de formation et des groupes de parole ; les personnes intéressées peuvent se rapprocher de l’association pour connaître les prochaines dates et les modalités d’inscription.