Le recours contre l’élection examiné par le tribunal
Le tribunal administratif de Mayotte a entendu, ce mardi 8 septembre, le recours introduit par Ahamada Haribou visant à remettre en cause les résultats de l’élection municipale de Mamoudzou du 15 mars 2026. Le dossier oppose le candidat battu au maire sortant, Ambdilwahedou Soumaïla, réélu au premier tour.
Le rapporteur public a rappelé l’écart significatif entre les deux hommes : selon les procès-verbaux, le maire sortant a obtenu 60,9 % des suffrages au premier tour. À ses yeux, même en retranchant les voix faisant l’objet de contestations, cet écart resterait suffisant pour assurer la validité du résultat.
Les griefs soulevés et la défense du rapporteur
Parmi les moyens invoqués par le requérant figuraient notamment la présence d’agents armés dans certains bureaux de vote, des anomalies liées aux bulletins et enveloppes, ainsi que des interrogations sur des procurations. Le rapporteur a estimé que les éléments versés au dossier ne prouvaient pas que la présence d’agents armés ait « joué un rôle actif » d’influence sur le comportement des électeurs ou sur le déroulement du scrutin. Il a ajouté que les anomalies constatées sur certains bulletins n’étaient pas de nature à modifier le résultat.
« Des armes dans les bureaux de vote, ça ne s’est jamais vu. Le code électoral, l’article L.66, l’interdit. »
Cette phrase, prononcée par l’avocate d’Ahamada Haribou, Maître Laurent, illustre l’angle majeur du recours : pour la défense du candidat, il ne s’agit pas d’irrégularités isolées mais d’un faisceau de pratiques cumulées qui, ensemble, auraient entaché la sincérité du scrutin.
- 13 griefs ont été transmis à la juridiction par la défense.
- La question des procurations a été mise en avant, avec des cas mentionnés entre Paris et Mayotte et entre Bordeaux et Mayotte.
- Des éléments chiffrés ont été évoqués : 39 agents concernés pour des procurations Paris–Mayotte et environ 31 pour Bordeaux–Mayotte.
Positions contradictoires et suite possible
Maître Laurent a demandé que l’ensemble des griefs soit apprécié non seulement individuellement mais aussi dans leur cumul, qualifiant la situation de « corruption électorale » selon ses termes à l’audience. En face, le rapporteur a considéré que l’addition des éléments fournis ne permettait pas de démontrer une atteinte déterminante à la régularité du scrutin et a conclu au rejet du recours, préconisant le maintien de l’élection d’Ambdilwahedou Soumaïla.
Le prononcé définitif du tribunal n’était pas public dans le compte rendu disponible au moment de la publication. L’issue de cette procédure intéresse directement la population de Mamoudzou, à la fois pour la gouvernance locale et pour la confiance dans les processus électoraux.
| Élément | Chiffres/constat |
|---|---|
| Pourcentage du maire sortant | 60,9 % |
| Nombre de griefs soulevés | 13 |
| Procurations évoquées (Paris–Mayotte) | 39 agents |
| Procurations évoquées (Bordeaux–Mayotte) | Environ 31 agents |
Dans les prochains jours, les parties pourront se pourvoir selon les voies de recours prévues si elles le souhaitent. Pour les habitants de Mamoudzou, le dossier pose des questions sur les pratiques électorales locales et sur les garanties permettant d’assurer des scrutins transparents et sereins.