Un léger rebond après des mois de désinflation
L'Institut national de la statistique (INDEC) a publié jeudi l'indice d'août pour juillet : l'inflation mensuelle atteint 2,1 %, contre 1,9 % en juin. Sur douze mois, la troisième économie d'Amérique latine enregistre toujours un niveau élevé mais nettement inférieur aux pics récents, à 33,8 %. Sur les sept premiers mois de 2026, l'inflation cumulée s'élève à 19,3 %.
Le gouvernement du président ultralibéral Javier Milei, au pouvoir depuis décembre 2023, interprète ces chiffres comme un reflux relatif de l'inflation grâce à des politiques strictes de réduction des dépenses publiques et de fermeté monétaire. Le ministre de l'Économie Luis Caputo a expliqué que le léger surcroît de juillet s'explique notamment par la saisonnalité — mois de vacances d'hiver — et par des facteurs externes.
"Avec cette politique, ce n'est qu'une question de temps avant que l'inflation (argentine) ne converge vers les niveaux internationaux."
Des secteurs en tension malgré la désinflation
Les postes liés aux loisirs — restaurants, hôtels, hôtellerie — ont tiré l'inflation vers le haut en juillet, conforme au comportement saisonnier évoqué par l'exécutif. Alors que certains indicateurs macroéconomiques montrent des signes d'amélioration, la situation reste contrastée : la consommation et l'activité peinent à repartir uniformément.
- Ventes de détail : recul de 3,8 % en juillet (Confédération argentine des PME).
- Croissance : +0,2 % sur douze mois en mai, et +1,7 % depuis le début de 2026, avec de fortes disparités sectorielles.
- Secteurs porteurs : mines et services financiers ; secteurs à la peine : commerce et industrie manufacturière.
Coûts politiques d'une stabilisation à marche forcée
La décrue de l'inflation depuis l'arrivée de Milei — de l'ordre de 161 % à près de 30 % — s'est opérée au prix d'une austérité marquée. Une récession en 2024, des pertes d'emplois massives et une consommation durablement atone ont accompagné la stabilisation des prix, rappelle le tableau dressé par les sources gouvernementales et patronales.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Inflation mensuelle (juillet) | 2,1 % |
| Inflation mensuelle (juin) | 1,9 % |
| Inflation sur 12 mois | 33,8 % |
| Inflation cumulée janv.–juil. 2026 | 19,3 % |
À court terme, le gouvernement a annoncé un assiouplissement de l'accès aux crédits en dollars, mesure destinée à soutenir le secteur productif et relancer l'activité. Ce calibrage des politiques reflète l'équilibre délicat recherché entre stabilisation des prix et relance de la croissance.
Sur le plan international, l'exécutif argentin souligne l'impact du prix du pétrole et des tensions géopolitiques, insistant sur le fait que plusieurs pays font face à une inflation plus élevée et à une croissance plus faible. Pour les observateurs extérieurs, la trajectoire argentine donne lieu à un double questionnement : la durabilité sociale de l'austérité et la capacité de l'économie à engendrer une reprise inclusive une fois la stabilisation des prix consolidée.
La suite dépendra de l'évolution des prix mondiaux de l'énergie, de la confiance des acteurs économiques et de la capacité des autorités à ménager des relais de croissance sans compromettre la stabilité récemment acquise.