Un patrimoine médiéval remis au cœur de l'offre touristique
Dans un territoire où la gastronomie a longtemps tenu la vedette, les bastides du Gers se présentent désormais comme un atout croissant. Ces villages fortifiés du XIIIe siècle — Fourcès, Larressingle, Cologne, Saint‑Clar, Lectoure —, conçus à l'origine pour organiser le commerce et attirer des habitants, entrent dans le récit touristique départemental.
Le Comité départemental du tourisme a mis en avant des signes encourageants dans son bilan 2025 : l'exposition consacrée à d'Artagnan au château de Lavardens a ainsi attiré 32 000 visiteurs, soit une hausse de 40 % par rapport à 2024. Ce succès montre qu'une programmation culturelle ambitieuse peut capter des flux nouveaux et élargir l'image du Gers.
Un paradoxe : authenticité et fragilité de la fréquentation
Pour autant, le tableau demeure contrasté. Le département, parmi les moins peuplés de France, joue sur son calme et son authenticité pour offrir un tourisme « slow ». Mais ces qualités ne suffisent pas automatiquement à transformer la curiosité en séjours prolongés. En juillet, les nuitées ont reculé de 3 % sur un an, rappelant la fragilité d'une fréquentation sensible aux aléas climatiques et économiques : canicules répétées et pouvoir d'achat serré figurent parmi les explications avancées.
- Atouts : patrimoine bâti, tranquillité, offre culturelle ponctuelle.
- Limites : dépendance à la gastronomie, manque d'hébergement adapté, saisons courtes.
- Enjeux : transformer la visite d'un site en séjour, créer des offres d'hébergement et de services complémentaires.
Investir hors de l'assiette pour prolonger les séjours
Le diagnostic du département est clair : il faut diversifier les ressources d'attraction. Cela passe par la mise en récit du territoire — guides, parcours thématiques, signalétique — et par des investissements concrets dans l'hébergement, des structures d'accueil et des offres combinant patrimoine, nature et gastronomie. Sans ces leviers, la notoriété culinaire continuera de capter l'essentiel de l'attention, au détriment d'une valorisation complète du territoire bâti.
Quelques chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Visiteurs exposition d'Artagnan (Lavardens) | 32 000 |
| Évolution de la fréquentation exposition | +40 % |
| Variation des nuitées en juillet | -3 % |
Sur le terrain, la valorisation des bastides suppose une coordination entre communes, acteurs touristiques et hébergeurs. Des événements ponctuels comme l'exposition d'Artagnan montrent la voie : bien construit, un projet culturel peut attirer et donner envie de rester. Reste à inscrire ces réussites dans une stratégie durable qui permette au Gers de transformer son patrimoine architectural en moteur économique, sans trahir ce qui fait son identité : calme, authenticité et paysages ouverts.
Le défi est posé pour les prochains mois : prolonger les séjours, lisser la saisonnalité et offrir des services adaptés à une clientèle en quête d'authenticité, mais aussi de confort et de diversité d'activités.