Une décision tombée « au dernier soir » qui pénalise les cultures
Les Jeunes Agriculteurs des départements desservis par le système Neste — dont le Gers — ont exprimé vendredi soir leur vive incompréhension après l'annonce tardive de nouvelles restrictions d'irrigation. Selon leur communiqué, des exploitants ont été informés si brusquement qu'ils ont dû subir des limitations dès la matinée suivante, au regard du zonage. Pour ces jeunes agriculteurs, un tel délai «
Un délai aussi court est inacceptable.» empêche toute adaptation technique et logistique des exploitations.
À l'heure des cultures d'été, les irrigations s'organisent en fonction des stades physiologiques des plantes. Un changement brutal de rythme, disent-ils, met en danger des périodes critiques où l'eau est déterminante pour la santé et le rendement des productions.
Des demandes claires : anticipation et investissements
Les JA 31, 32, 47, 65 et 82 ont formulé des demandes précises :
- une communication anticipée des mesures de restriction, avec un délai permettant aux exploitants de s'organiser ;
- une concertation entre acteurs locaux et gestionnaires de la ressource pour adapter les mesures aux réalités de terrain ;
- la mise en place de retenues structurantes et multi-usages visant à mobiliser des volumes supplémentaires d'eau pour l'avenir.
Les jeunes agriculteurs rappellent qu'ils sont déjà attentifs à une gestion responsable de la ressource et qu'ils ne nient pas la nécessité de mesures en période de rareté. Leur critique porte surtout sur le manque de visibilité et de préparation en amont.
Un problème qui dépasse les frontières d'un département
Le système Neste irrigue des territoires répartis sur plusieurs départements. La décision d'interdire un jour par semaine d'irrigation est d'autant plus contestée qu'elle semble avoir été prise alors que certaines retenues afficheraient encore des volumes disponibles, selon le communiqué. Les conséquences économiques et agronomiques se font sentir immédiatement : organisation des équipes, programmation des pompages, impacts sur le rendement et la santé des cultures.
| Départements signataires | Sigle |
|---|---|
| Haute-Garonne | 31 |
| Gers | 32 |
| Lot-et-Garonne | 47 |
| Tarn-et-Garonne | 82 |
| Hautes-Pyrénées | 65 |
Vers quelles solutions ?
Au-delà de la contestation ponctuelle, les JA appellent à un travail collectif visant à construire des capacités de stockage nouvelles et partagées, susceptibles d'atténuer la vulnérabilité des filières face aux épisodes de sécheresse. Ces propositions rejoignent des réflexions plus larges sur l'adaptation des systèmes agricoles au changement climatique : aménagements hydrauliques, régulations plus lisibles, et gouvernance locale renforcée.
Sur le terrain, les exploitants attendent désormais des réponses rapides des services en charge de la gestion de l'eau et des élus locaux afin que les mesures à venir tiennent compte des réalités agricoles et laissent un délai raisonnable pour s'y conformer.