Une assemblée générale tenue à Bardos pour défendre un métier ancien mais discret
La salle de cinéma de Bardos a servi de cadre, début août, à l’assemblée générale de l’association départementale des lieutenants de louveterie. Ce rassemblement a permis de rappeler le rôle spécifique de ces agents, encore peu connus du grand public, et d’aborder des pistes d’évolution concernant leur statut et la prise en charge de certains frais liés à leurs missions.
Au total, 41 lieutenants travaillent aujourd’hui sur l’ensemble des Pyrénées-Atlantiques selon l’organisation issue des anciens cantons. Leur tâche, ponctuelle mais essentielle, consiste notamment à proposer à l’administration les mesures de régulation des espèces susceptibles de causer des dégâts et à organiser les battues administratives placées sous l’autorité du préfet. Ils interviennent aussi pour encadrer le piégeage et lutter contre le braconnage.
« En fait, nous sommes des auxiliaires bénévoles de l’État, explique Christophe Duvignacq, le président de l’association départementale. Notre mission est de conseiller l’administration en matière de régulation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. »
Lors des échanges à Bardos, a été posée la question de l’accompagnement matériel et financier de ces bénévoles. Plusieurs lieutenants plaident pour une meilleure prise en charge de certains frais engagés dans l’exercice de leurs fonctions — déplacements, équipements, et frais liés à l’organisation d’opérations de régulation ou d’opérations anti-braconnage. La discussion vise à clarifier la frontière entre engagement bénévole et responsabilités déléguées par l’État.
La répartition géographique reflète des traditions locales fortes. Ainsi, la Soule dispose de deux lieutenants — Joseph Elgoyhen à Tardets et Jean-Pierre Dardy à Mauléon —, tandis que l’Amikuze a récemment vu l’arrivée d’André Uhalde en remplacement de Jean‑Marie Clédon. L’assemblée a également rendu hommage à Auguste Olaizola, de Saint-Jean-de-Luz, disparu prématurément.
- Missions : conseil à l’administration, organisation de battues, encadrement du piégeage, lutte contre le braconnage.
- Effectif : 41 lieutenants répartis sur le département selon l’ancienne carte cantonale.
- Sujets abordés : remboursement de frais, reconnaissance du rôle, succession et renouvellement des postes.
Si la fonction remonte à plusieurs siècles — jusqu’à l’époque de Louis XI selon les spécialistes —, elle reste aujourd’hui ancrée dans le quotidien rural béarnais et basque. Les débats de Bardos montrent la volonté des lieutenants de conserver leur autonomie tout en obtenant des garanties pratiques pour mener à bien des missions souvent délicates et parfois risquées.
| Territoire | Nom mentionné |
|---|---|
| Soule | Joseph Elgoyhen (Tardets), Jean‑Pierre Dardy (Mauléon) |
| Amikuze | André Uhalde |
| Saint‑Jean‑de‑Luz | Auguste Olaizola (décédé) |
À l’heure où la cohabitation entre activités agricoles, protection des espaces naturels et développement urbain suscite des tensions, ces auxiliaires bénévoles de l’État occupent une place stratégique. Les recommandations formulées à Bardos seront désormais transmises aux autorités compétentes afin d’étudier des mesures concrètes d’accompagnement et, le cas échéant, une évolution réglementaire sur le traitement de leurs frais.
Cette assemblée aura aussi permis de mesurer la cohésion d’un groupe restreint mais soudé, attaché à un service public de proximité qui questionne à la fois traditions locales et exigences contemporaines de gestion de la faune.