Un rythme de distribution réduit dans toute l'île
À compter du 15 juillet 2026, Mayotte entre dans un nouveau calendrier de distribution d'eau : 30 heures d'eau fournies puis 42 heures de coupure consécutives. La société des eaux (SMAE) a instauré une phase transitoire du 15 au 17 juillet pour laisser le temps aux ménages de s'adapter mais le changement suscite déjà une forte inquiétude parmi la population.
La décision a été arrêtée par le Comité de suivi de la ressource en eau (CSRE), présidé par le préfet, en réponse à un déficit pluviométrique estimé à 25 % et à des réserves encore incomplètes : la retenue de Dzoumogné n'est remplie qu'à 70 % de sa capacité.
Conséquences pratiques et réactions locales
Dans les communes les plus peuplées, comme Mamoudzou, les habitants risquent d'être privés d'eau près de deux jours d'affilée pendant certains cycles. Les associations locales, des professionnels de santé et des habitants alertent sur les impacts sur l'hygiène, l'alimentation et les soins quotidiens, notamment pour les personnes âgées et les familles avec jeunes enfants.
« Les habitants sont à bout », a déclaré la députée Anchya Bamana, soulignant l'effet sur l'hygiène et la santé des Mahorais.
La représentante rappelle que des familles sont déjà confrontées à des périodes sans eau de 3 à 4 jours. La tension sociale monte alors que la perspective d'une amélioration rapide n'est pas assurée.
Investissements annoncés mais pas de sortie de crise immédiate
L'État a annoncé des plans d'investissements pour le territoire. Un montant de 730 millions d'euros est évoqué d'ici 2027 pour améliorer les infrastructures. Toutefois, selon les autorités, aucune sortie de crise n'est attendue avant la fin de 2027, une perspective qui laisse les Mahorais dans l'incertitude à court terme.
- Déficit pluviométrique : 25 %
- Capacité retenue Dzoumogné : 70 %
- Nouveau cycle : 30 h eau / 42 h coupure
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Période transitoire | 15-17 juillet 2026 |
| Population concernée (Mayotte) | 323 153 habitants |
| Investissement annoncé | 730 M€ d'ici 2027 |
Que faire localement ?
Face à ces restrictions, les recommandations habituelles s'imposent : stockage mesuré de l'eau, priorisation des usages vitaux (boisson, cuisine, hygiène), et information des personnes vulnérables. Les communes et la SMAE sont invitées à communiquer les calendriers détaillés par secteur pour permettre aux ménages et aux entreprises de s'organiser.
À court terme, la tension reste palpable : la réduction du service public alimente colère et inquiétude, tandis que les perspectives d'investissement offrent une solution long terme mais sans calendrier de soulagement immédiat.