Une alerte collective des entreprises mahoraises
Face à un empilement de contraintes pesant sur le transport routier et maritime, le monde économique de Mayotte tire la sonnette d’alarme. Le Groupement patronal de Mayotte (GPM) a convoqué ses adhérents et les acteurs concernés mardi 18 août afin d'établir un diagnostic commun et d’envisager des actions concertées pour préserver l’approvisionnement du territoire.
Au centre des préoccupations figurent trois décisions susceptibles, selon les entreprises, de fragiliser davantage une logistique déjà tendue : l’arrêté du maire de Koungou limitant la circulation des véhicules de plus de 19 tonnes, une évolution de la tarification du port de Longoni et les travaux liés au projet Caribus à Kawéni, qui risquent de compliquer la circulation et les livraisons en zone industrielle.
« Les conséquences sont quand même énormes », alerte Fahardine Mohamed, président du Groupement patronal de Mayotte.
Pour les transporteurs et distributeurs, ces mesures combinées augmentent les coûts, rallongent les délais et augmentent les risques de rupture d'approvisionnement pour des biens essentiels. Le GPM, qui regroupe 87 entreprises, souhaite d’abord recenser les difficultés concrètes rencontrées sur le terrain avant d'interpeller les autorités compétentes.
Un contexte déjà fragilisé
Les représentants patronaux rappellent que nombre d’entreprises peinent encore à se remettre de la récente crise du carburant et de factures non réglées. « On n’arrive pas à gérer une crise qu’il y en a d’autres qui arrivent », avertit un responsable du secteur. Dans ce contexte, toute contrainte supplémentaire peut peser lourd sur des chaînes économiques locales déjà fragiles.
- Restriction de circulation : véhicules >19 t concernés par l’arrêté de Koungou.
- Tarification portuaire : modification des tarifs au port de Longoni susceptible d’impacter les coûts d’importation.
- Travaux Caribus : aménagements à Kawéni pouvant entraver la fluidité des livraisons.
| Mesure | Impact redouté |
|---|---|
| Arrêté circulation (>19 t) | Risque de délais et de contournements logistiques |
| Tarification portuaire | Hausse des coûts d’importation |
| Travaux Caribus | Embouteillages et retards dans les livraisons |
Vers une réponse collective
Le GPM veut utiliser la réunion du 18 août pour dresser un état des lieux précis des difficultés et formuler une réponse commune, potentiellement à adresser aux mairies, à la Cadema et aux gestionnaires du port. Une rencontre avec la présidence de la Cadema est envisagée en septembre afin d'étudier des pistes d'adaptation pour limiter l'impact sur l'économie locale.
Les entreprises espèrent ainsi obtenir des aménagements temporaires ou des mesures d’accompagnement pour éviter une « asphyxie » des flux de marchandises vers et au sein de Mayotte. Pour les consommateurs, le risque est clair : des perturbations prolongées pourraient se traduire par des tensions sur l’offre de produits importés et une hausse des prix.
Le dossier reste ouvert et dépendra des échanges entre le patronat, les collectivités locales et les gestionnaires d’infrastructures. À court terme, la capacité de dialogue et d’adaptation des acteurs publics et privés sera déterminante pour préserver l’approvisionnement du territoire.