Une visite pour repenser la prévention
La Ville de Nantes a annoncé le 10 juillet une révision de sa stratégie de prévention après plusieurs épisodes de violences associés au narcotrafic ayant fait quatre morts depuis la fin avril dans l'agglomération. Dans un contexte tendu, la maire Johanna Rolland a reçu Amine Kessaci, élu et militant connu pour son engagement contre les trafics suite à l'assassinat de son frère.
Objectif : conjuguer fermeté et prévention
La rencontre — organisée dans des conditions de sécurité renforcées — a réuni élus, agents municipaux et associations de terrain. La municipalité veut articuler le démantèlement répressif des réseaux et un renforcement des actions préventives en direction des jeunes, partenaires sociaux et acteurs locaux (bailleurs, associations, services publics).
"Nous devons mener deux batailles avec la même exigence et la même intensité : le démantèlement des réseaux de narcotrafiquants et la grande bataille de la prévention"
La maire a insisté sur la double nécessité de la fermeté républicaine contre les organisations criminelles et d'une action résolue auprès des jeunes dans les quartiers, estimant qu'il faut « aller plus loin » pour empêcher les mineurs et jeunes adultes d'entrer dans les filières criminelles.
Vers un réseau européen de collectivités
À l'issue de la visite, la Ville a aussi annoncé son intention de rejoindre un futur réseau européen de collectivités mobilisées contre le narcotrafic. Plusieurs municipalités se sont déjà engagées, parmi lesquelles Marseille, Bruxelles, Athènes et Grenoble, a précisé la ville.
| Villes citées | Statut |
|---|---|
| Marseille | Engagée |
| Bruxelles | Engagée |
| Athènes | Engagée |
| Grenoble | Engagée |
| Nantes | Doit rejoindre |
Modalités et suites attendues
La municipalité précise vouloir construire sa nouvelle stratégie en concertation avec les associations de terrain, les bailleurs et les services publics. Aucun calendrier détaillé n'a été diffusé pour l'instant : la phase de diagnostic et les partenariats locaux doivent précéder la présentation d'une feuille de route.
- Contexte : série de fusillades liées au narcotrafic et quatre morts depuis fin avril.
- Interlocuteur : Amine Kessaci, militant et adjoint au maire de Marseille, mobilisé contre les trafics.
- Ambition : croiser actions de démantèlement et prévention auprès des jeunes, tout en intégrant un réseau européen de villes.
La démarche n'en reste pas moins délicate politiquement et opérationnellement : elle suppose une coordination interservices, des moyens humains et financiers et une articulation claire entre initiatives locales et dispositifs nationaux — autant de conditions qui détermineront l'efficacité réelle des mesures annoncées.