Une fin d’après-midi qui bascule dans le drame
Lundi 29 juin, la baignade a tourné à la tragédie dans la calanque de Samena, à Marseille. Appelés à 17h18, les marins-pompiers ont engagé d’importants moyens pour secourir deux jeunes hommes de 20 ans en difficulté dans l’eau. Selon le bilan communiqué, l’un des deux a été retrouvé en arrêt cardio-respiratoire et n’a pas pu être réanimé malgré des manœuvres prolongées. Le second a été médicalisé puis transféré à l’hôpital.
Sur place, environ 25 marins-pompiers, dont des spécialistes des interventions aquatiques, ont été mobilisés. Une opération lourde, engagée dans un secteur prisé des baigneurs, où la mer attire dès la fin de journée, quand la chaleur commence à retomber… en apparence seulement.
Chaleur écrasante et mer trompeuse
Ce décès intervient alors que le département des Bouches-du-Rhône était placé en vigilance jaune canicule par Météo-France. Une chaleur tenace, un effort mal dosé, une mer changeante : le trio peut devenir piégeux. La journée de lundi a d’ailleurs été marquée par d’autres drames sur le littoral méditerranéen. À la Seyne-sur-Mer, un homme de 35 ans a perdu la vie sur une plage non surveillée. Autant de signaux qui rappellent que la chaleur ajoute une contrainte physiologique à toute activité aquatique.
Une série noire au début de l’été
La tendance est préoccupante. D’après le dernier décompte cité par l’AFP, 74 décès par noyade ont été enregistrés entre le 18 et le 27 juin. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 332 noyades ont été recensées en 2025. Des chiffres qui, au-delà des courbes statistiques, disent une chose simple : chaque épisode de chaleur prolonge l’exposition au risque, en mer comme en eau douce.
| Indicateur | Période | Chiffre |
|---|---|---|
| Décès par noyade (France) | 18–27 juin | 74 |
| Noyades (PACA) | Année 2025 | 332 |
Samena, beauté sauvage et vigilance de tous les instants
Au pied des falaises, les criques attirent les Marseillais comme les visiteurs. Mais ces décors, soumis au vent, aux courants et aux variations rapides de conditions, exigent une attention constante. La fin d’après-midi, quand l’affluence augmente, n’est pas la plus simple pour repérer un nageur en difficulté, surtout loin de zones balisées.
Ce lundi, l’intervention rapide des secours n’a pas suffi à empêcher l’issue fatale pour l’une des victimes. Les enquêtes ouvertes après ce type d’événements visent en général à éclaircir les circonstances exactes, mais une constante ressort : les gestes de prudence restent la meilleure barrière.
Rappels de sécurité en période de canicule
- Éviter de se baigner seul et prévenir un proche avant d’entrer à l’eau.
- Se mouiller progressivement pour limiter le choc thermique, surtout après une exposition prolongée au soleil.
- Limiter l’éloignement du rivage et repérer des repères visuels stables.
- Renoncer en cas de fatigue, de crampe ou de signes de malaise liés à la chaleur.
- Privilégier les zones surveillées lorsqu’elles existent.
Une mobilisation habituée aux urgences littorales
À chaque pic de chaleur, les marins-pompiers de Marseille voient les appels se multiplier. Les moyens nautiques, terrestres et médicaux sont alors engagés en parallèle, avec une priorité évidente : gagner des minutes sur le temps d’intervention. L’opération conduite à Samena, avec des spécialistes aquatiques et une équipe en mesure de médicaliser immédiatement, illustre ce dispositif. Mais le message des secours reste inchangé : la prévention, plus que tout, sauve des vies.
Alors que l’été s’installe et que le mercure reste haut, l’appel à la prudence vaut pour tous les usagers du littoral. À Marseille comme partout sur la côte, la mer demeure un formidable refuge. Elle peut aussi, en quelques secondes, devenir plus forte que nous.