Un cap symbolique pour une activité cardinale des Pyrénées
À l’occasion du lancement de l’Année internationale du pastoralisme 2026 à Aste-Béon, le Département des Pyrénées-Atlantiques affirme une ambition claire : faire de cette séquence un temps de visibilité pour les femmes et les hommes qui façonnent montagnes et vallées. La voix des élus résonne, portée par une conviction ancienne en Béarn comme au Pays basque : l’élevage de montagne ne relève pas du folklore, il structure des paysages, des emplois, des savoir-faire et une identité partagée.
« Le pastoralisme est l’âme vivante de nos montagnes. Il façonne nos paysages, fait vivre nos vallées et porte une identité forte »
Cette année spéciale se traduira dans le 64 par une série de rencontres, avec des bergers venus d’horizons variés pour dialoguer avec leurs homologues pyrénéens, confronter les pratiques et, surtout, ouvrir les estives au grand public.
Trois temps forts de juillet à octobre
Le calendrier met l’accent sur des sites emblématiques, des crêtes d’Iraty aux pentes de La Rhune, en passant par Lées-Athas. La programmation entend conjuguer échanges professionnels et médiation auprès des visiteurs, familles et randonneurs.
| Dates | Lieu |
|---|---|
| 14–19 juillet | Lées-Athas |
| 4–7 août | Iraty et Cize |
| 18 octobre | La Rhune |
Le vice-président départemental chargé de la montagne, Jean-Pierre Mirande, résume l’intention : mettre pleinement en lumière cette année dédiée et multiplier les échanges. Ces journées rassembleront une quarantaine de bergers issus de territoires différents, confrontés aux mêmes questions que les éleveurs pyrénéens. L’ambition dépasse les cercles professionnels : il s’agit d’emmener les habitants et les visiteurs vers une compréhension concrète des enjeux qui se jouent sur les estives.
« Ces journées doivent contribuer à faire en sorte que si demain le pastoralisme disparaît, une montagne vivante va mourir. »
Un poids économique et écologique difficilement substituable
Le pastoralisme irrigue l’économie rurale. Le département compte près de 2 100 exploitations pastorales, soit environ 20 % des fermes locales. Dans certaines vallées, cette activité représente entre 20 et 30 % de l’emploi. Ses apports sont multiples : entretien des milieux ouverts, maintien de la biodiversité, prévention des incendies, transmission de savoir-faire, qualité paysagère. Le relief pyrénéen, sculpté par les troupeaux et les hommes, témoigne depuis des siècles d’un usage raisonné de la montagne.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est culturel. En Béarn comme en Iparralde, l’estive rythme les saisons, structure des fêtes, des marchés et un vocabulaire commun. La présence des troupeaux sur les hauteurs dessine l’architecture des vallées et leur attractivité touristique. À l’heure où la pression foncière, la prédation, la rareté de la main-d’œuvre et l’évolution climatique s’entrecroisent, la mise en récit du métier devient déterminante.
Cohabiter en altitude : apprendre les bons usages
La fréquentation croissante des sommets change la donne. La montagne n’est plus le seul espace des éleveurs et des chasseurs ; elle est devenue un territoire partagé. L’élu en charge de la montagne le rappelle : la cohabitation entre randonneurs, cyclistes, naturalistes et professionnels nécessite pédagogie et respect des règles. Chiens tenus, barrières refermées, distances avec les troupeaux, itinéraires balisés : ces gestes simples évitent stress animal et incidents.
- Comprendre le rôle des troupeaux dans l’entretien des paysages et la prévention des feux.
- Adopter les bons réflexes au contact des animaux en estive.
- Échanger avec les bergers pour saisir la réalité du métier au quotidien.
Informer et sensibiliser : un fil rouge de l’été
Les trois rendez-vous annoncés serviront de passerelles entre monde pastoral et public curieux. Tables rondes, démonstrations et temps d’échanges permettront d’aborder le cœur du métier : organisation des transhumances, soins aux bêtes, gestion de l’herbe, adaptation aux aléas. La présence d’une quarantaine de professionnels, de toutes origines, favorisera des regards croisés, des solutions partagées et, peut-être, des vocations.
Les organisateurs encouragent habitants et visiteurs à participer à ces temps d’ouverture pour mieux comprendre ce que la montagne doit au pastoralisme. À travers ces journées, c’est aussi une certaine idée des Pyrénées qui se raconte : une montagne vivante, où l’activité humaine, attentive au milieu, demeure un allié du vivant.