Un service clé à l’arrêt prolongé
À Pau, la maternité de la clinique Pau-Pyrénées reste fermée aux accouchements depuis plus de 15 jours. Selon la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS), l’établissement privé n’est pas parvenu, depuis la fin de la grève déclenchée le 15 juin, à reconstituer des plannings compatibles avec les exigences de sécurité. La direction invoque des arrêts maladie au sein de l’équipe, rendant impossible une prise en charge des parturientes « en toute sécurité ».
« La fermeture définitive [est] confirmée à la mi-septembre »
Ce calendrier a été rappelé par Alain Guinamant, directeur de la délégation départementale de l’ARS, qui souligne que l’activité reste pour l’instant suspendue. La maternité est concernée par la restructuration de l’ensemble Navarre–Marzet opérée par le groupe GBNA, propriétaire bordelais, qui prévoit 161 licenciements.
Une organisation de recours activée
En accord avec l’ARS Nouvelle-Aquitaine, la clinique indique que les parturientes sont redirigées « vers les autres maternités du territoire ». Les femmes dont la grossesse est à terme ont été contactées ; leur dossier médical a été transféré au centre hospitalier de Pau et pourra l’être, si nécessaire, vers l’établissement assurant l’accouchement. Les sites voisins ont, selon la clinique, adapté leur organisation en anticipation.
- Redirection des femmes enceintes « jusqu’à nouvel ordre ».
- Dossiers transmis au centre hospitalier de Pau, puis à l’établissement d’accueil si besoin.
- Maintien du « plan rose » interdisant les accouchements sur site.
Entre grève levée et effectifs fragilisés
Si le mouvement social lancé le 15 juin a été levé la semaine dernière, la clinique explique ne pas pouvoir sécuriser une reprise. L’ARS confirme que l’établissement n’a pas présenté d’« organisations de travail compatibles avec les conditions de sécurité indispensables ». Autrement dit, l’outil est prêt mais les équipes ne sont pas au complet, ce qui bloque toute réouverture avant la fermeture définitive programmée à la mi-septembre.
Ce que l’on sait du calendrier
| Étape | Éléments connus |
|---|---|
| 15 juin | Début de la grève de certains personnels |
| Fin juin | Grève levée, mais service d’accouchement toujours à l’arrêt |
| Depuis +15 jours | Interruption prolongée des accouchements |
| Mi-septembre | Fermeture définitive confirmée |
Des conséquences locales immédiates
Pour les futurs parents installés à Pau et dans l’agglomération, l’arrêt durable du service bouleverse les projets de naissance. La continuité des soins est toutefois organisée : les patientes à terme ont été informées individuellement, et les transferts de dossiers sont assurés. L’ARS insiste : l’enjeu central demeure la sécurité lors de l’accouchement, priorité qui justifie la poursuite de la réorientation.
Un été sous vigilance
La question est désormais de savoir si la situation restera figée tout l’été. L’ARS explique que l’issue dépend d’une capacité de la clinique à consolider des plannings avec une équipe complète. À ce stade, rien ne permet d’anticiper une reprise avant la date de fermeture annoncée. Entre Béarn et Pays basque intérieurs, les maternités du territoire sont appelées à absorber ce surcroît d’activité, avec des organisations adaptées, le temps que la page se tourne définitivement à Pau-Pyrénées.
Repères
La réorganisation du groupe GBNA, propriétaire de Navarre et Marzet, constitue l’arrière-plan d’un dossier où s’entrecroisent impératifs économiques et continuité des soins. Ici, le Béarn est confronté à une décision lourde pour l’offre de santé locale, tandis que les acteurs publics et privés s’attachent à sécuriser, au quotidien, l’accueil des naissances.