Contrôles, mise en demeure, puis plainte : la situation s'envenime
Installé il y a une quinzaine de jours sur la commune de Rivesaltes, près de Perpignan, le cirque franco-belge de la famille Muller fait désormais l'objet d'une plainte déposée mardi 14 juillet par l'association Sauvetage Enquête Protection Animale (SEPA). Cette action intervient après des contrôles menés sur place par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et une mise en demeure signée par le préfet des Pyrénées-Orientales.
Selon la SEPA, mandatée le 6 juillet pour constater d'éventuels manquements, un commissaire de justice a relevé une dizaine de violations des règles applicables à la détention d'animaux. Ces constats complètent les deux infractions initialement identifiées par la DDPP quelques jours auparavant.
"Nous avons reçu de nombreux signalements. Quand le commissaire de justice est intervenu, il a relevé une douzaine d’infractions" — Hugo Bidault, directeur des enquêtes de la SEPA
Nature des infractions pointées
La plainte de la SEPA détaille plusieurs griefs qui portent notamment sur les conditions de logement et de sécurité des animaux :
- des cages jugées trop petites pour certains spécimens ;
- l'absence d'équipements adaptés (bassins, installations spécifiques) pour les félins ;
- des chevaux maintenus en plein soleil sur le bitume, sans eau ni nourriture visibles à proximité ;
- des dispositifs de sécurité estimés insuffisants autour des lions et des tigres.
La SEPA évoque aussi la naissance récente de lionceaux, estimant que leur reproduction serait interdite depuis la loi de 2021 relative au bien-être animal. La plainte vise en outre des chefs de mise en danger d'autrui, soulignant l'accessibilité des grands fauves au public.
Ce que disent les autorités et quelles suites possibles
Avant le dépôt de plainte, la préfecture avait adressé une mise en demeure au cirque pour se conformer à la réglementation dans un délai de 48 heures. La DDPP avait déjà relevé deux manquements lors de ses contrôles. Les suites judiciaires dépendront désormais des éléments fournis par la SEPA et des investigations des services compétents.
| Acteur | Action |
|---|---|
| DDPP | Contrôles et identification de 2 manquements |
| Préfecture | Mise en demeure d'effectuer des mises en conformité (48 h) |
| SEPA | Mandat pour constat (6 juillet) puis dépôt de plainte pour plusieurs infractions |
Enjeux locaux et réactions attendues
Sur le terrain, cette affaire suscite inquiétude et débat parmi les riverains et associations locales, sensibles à la fois au bien-être animal et aux risques pour la sécurité. Le dossier pourrait conduire à des poursuites pénales, à des sanctions administratives ou à des mesures de retrait d'animaux selon l'issue des expertises et des décisions du parquet.
Pour les habitants du secteur, il reste conseillé de respecter les périmètres de sécurité mis en place autour du chapiteau et d'adresser toute observation aux services de l'État compétents. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si le cirque se conformera aux prescriptions ou si l'affaire sera portée devant la justice.
Garance Carrère — Correspondance InfoRadar, Pyrénées-Orientales.