Un démarrage de visite centré sur l’action
À peine arrivée, la ministre des Outre-mer a commencé par un entretien de travail à l’hôtel de la CTM à Cluny avec Serge Letchimy, président du conseil exécutif. Au menu : l’insécurité, la lutte contre le narcotrafic, la vie chère et le développement économique. Cet échange de prise de contact s’est voulu concret, avec l’objectif affiché d’articuler des réponses rapides sur les dossiers les plus sensibles pour les Martiniquais.
« Nous avons parlé des différents dossiers qui concernent la collectivité, qui concernent le quotidien des Martiniquais. »
La ministre a décrit une discussion « très constructive » avec la CTM, signe d’une volonté d’avancer de façon coordonnée entre l’État et la collectivité sur des chantiers lourds et interdépendants.
Insécurité : soutien aux forces de l’ordre et cap politique
L’actualité locale a rattrapé la visite avec une fusillade survenue dans la journée à Fort-de-France lors d’une tentative de braquage visant un policier. Informée sur place, la ministre a tenu à exprimer un appui sans ambiguïté aux services engagés au quotidien.
« Je veux d’abord avoir un mot de soutien aux forces des sécurités qui œuvrent au quotidien sur le territoire, la situation est difficile. »
Elle a rappelé une ligne directrice claire : la protection des personnes est la priorité.
« La sécurité, c’est la première liberté que nous devons aux Martiniquais. »La référence à des chiffres préoccupants souligne le diagnostic partagé sur la dégradation des faits violents et l’urgence d’une réponse proportionnée et durable.
Narcotrafic : un plan annoncé dans les prochains jours
La montée des trafics dans l’arc antillais, avec la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane en première ligne, appelle une stratégie resserrée. La ministre a indiqué qu’un grand plan de lutte contre le narcotrafic sera détaillé très prochainement au plus haut niveau de l’État. L’objectif : renforcer l’approche interministérielle, de la chaîne pénale aux moyens opérationnels, en passant par la coopération régionale et la sécurisation des points d’entrée.
- Champ géographique : Martinique, Guadeloupe, Guyane
- Annonce attendue : dans les prochains jours
- Priorité opérationnelle : entraver les flux et démanteler les réseaux
Au-delà des effets de saisies, l’enjeu est d’assécher les revenus criminels qui alimentent les violences, tout en sécurisant les espaces sensibles : littoraux, axes maritimes et aériens, et zones urbaines exposées.
Vie chère : calendrier de travail et cap législatif
Sur le front du pouvoir d’achat, la ministre a évoqué le projet de loi consacré aux territoires ultramarins. Adopté au Sénat à l’automne dernier, ce texte est désormais soumis aux parlementaires pour nourrir le travail par des retours de terrain avant son examen prévu au tout début de l’année 2027. Elle a rappelé l’engagement du gouvernement sur la priorisation de cette réforme.
La ministre a rappelé que le Premier ministre considère ce texte comme « la priorité des priorités ».
| Dossier | Étape annoncée | Échéance |
|---|---|---|
| Lutte contre le narcotrafic | Présentation d’un plan ciblant Martinique-Guadeloupe-Guyane | Dans les jours à venir |
| Vie chère | Consultations parlementaires et examen du projet de loi | Début 2027 |
Le levier législatif vise notamment à agir sur les mécanismes qui pèsent sur le prix final pour les ménages insulaires. La méthode retenue – co-construction avec les élus – doit permettre de tenir compte des spécificités locales de la formation des prix et de la logistique, tout en évitant des solutions déconnectées du terrain.
Un dialogue État-collectivité mis à l’épreuve du concret
De son côté, Serge Letchimy s’est dit satisfait des échanges et des pistes de solution évoquées. La suite dépendra de la capacité à transformer les annonces en actes mesurables : moyens de police et de justice dans la durée, coordination des services, lutte financière contre les réseaux, mais aussi calendrier resserré sur la vie chère pour donner de la visibilité aux acteurs économiques et aux consommateurs.
La séquence ouverte à Cluny place la Martinique au cœur de deux urgences – sécurité et pouvoir d’achat – exigeant des réponses à la fois rapides et pérennes. Les prochains jours, avec la présentation du plan anti-narcotrafic, donneront un premier indicateur de l’ampleur des moyens mobilisés et du cap opérationnel choisi par l’État dans l’île.