Un immeuble emblématique sous pression du calendrier
À Tonneins, l’avenir de l’ancien magasin Gitem, sur la place Jean-Jaurès, revient au premier plan. Lors du conseil municipal du 25 juin 2026, le maire Denis Bertolaso a rappelé l’urgence de trouver un projet concret. L’immeuble avait été acheté en 2020 par l’Établissement public foncier (EPF) pour le compte de la commune, avec une condition nette : si aucun usage n’est arrêté à l’issue du délai initial, la ville devra le reprendre à sa charge.
Une délibération a permis de prolonger ce dispositif : la date butoir, prévue à la fin 2026, est désormais repoussée à avril 2027. Ce répit supplémentaire ne change pas l’équation : sans solution d’ici là, la commune devra racheter le bâtiment à un coût supérieur au montant d’acquisition de départ.
Des montants qui pèsent sur la décision
Le prix d’achat initial de l’EPF s’établissait à 240 000 €. En cas de rachat par la ville, la facture monterait à environ 280 000 €, en raison des frais supportés entre-temps par l’établissement public. Le maire a précisé l’origine de cet écart, rappelant les coûts engagés par l’opérateur foncier.
« De par les frais que cela a généré à l’EPF », a expliqué le maire au sujet de la majoration du prix en cas de rachat.
Au-delà de l’acquisition elle-même, conserver l’actif impliquerait aussi des charges récurrentes (entretien, sécurisation, études, portage), tandis qu’un portage prolongé retarde tout effet sur l’habitat et l’activité commerciale du centre-ville.
Plusieurs pistes, aucun projet n’a abouti
Depuis 2020, la commune a exploré différentes affectations pour ce bâtiment central. Parmi les scénarios évoqués : une pharmacie, des logements au-dessus d’un local commercial, ou encore un tiers-lieu assorti de solutions de coliving sénior. Ces options n’ont pas franchi le cap de la concrétisation, laissant l’immeuble sans destination arrêtée malgré une localisation stratégique.
La majorité municipale s’oriente désormais vers une cession à un investisseur pour réaliser des logements conventionnés. Objectif : garantir une mise en œuvre rapide et encadrée, tout en limitant l’exposition du budget communal.
Une opposition favorable à un maintien public
Le groupe d’opposition Tonneins au cœur, mené par Jérémie Bespéa, se dit favorable à ce que le bâtiment reste propriété de la commune. Ce positionnement s’inscrit dans un débat classique des centres-villes : faut-il porter l’opération dans le giron public pour mieux piloter la requalification, ou déléguer à un opérateur privé pour accélérer la réalisation et partager les risques ?
Ce que change la prolongation jusqu’en 2027
Le temps gagné doit être utile : la fenêtre ouverte jusqu’en avril 2027 sert à verrouiller le scénario définitif et son financement. La commune, Val de Garonne Agglomération et l’EPF disposent d’un cadre clarifié pour négocier avec un porteur de projet ou, à défaut, se préparer à reprendre le bien.
| Échéance | Objet | Montant/Impact |
|---|---|---|
| 2020 | Achat par l’EPF pour le compte de la ville | 240 000 € |
| Fin 2026 | Échéance initiale de restitution | Rachat par la commune si pas de projet |
| Avril 2027 | Nouvelle date limite après prolongation | Rachat estimé à 280 000 € |
Enjeux locaux : habitat, attractivité, finances
La requalification de l’ex-Gitem s’inscrit dans la revitalisation du cœur de ville : production de logements accessibles, dynamisation des rez-de-chaussée commerciaux, amélioration de l’image urbaine d’une place centrale. Un projet abouti peut déclencher un effet d’entraînement sur l’investissement privé alentour et sur la fréquentation du centre.
À l’inverse, une vacance prolongée renchérit les coûts de portage et retarde l’arrivée de nouveaux habitants et d’activités. Le choix entre cession à un investisseur et portage communal déterminera l’équilibre entre maîtrise publique, vitesse de réalisation et coût final pour la collectivité.
Prochaines étapes
- Finaliser les conditions de la prolongation avec l’EPF et caler le calendrier opérationnel.
- Consolider un programme de logements conventionnés attractif pour les opérateurs et compatible avec le site.
- Arbitrer, au plus tard avant avril 2027, entre une cession sécurisée ou un rachat communal à environ 280 000 €.
Au fond, c’est l’équilibre entre ambition urbaine et responsabilité financière qui se joue, sur un immeuble dont l’issue pèsera directement sur les comptes de la ville et le visage de la place Jean-Jaurès.