Victoire surprise au concours Sumi Jo, la petite finale change la donne
Le Concours international du chant Sumi Jo, organisé du 6 au 11 juillet 2026 au château de la Ferté‑Imbault (Loir‑et‑Cher), a offert l’un de ces retournements d’issue qui marquent durablement un concours : Trevor Haumschilt‑Rocha, baryton américain non retenu au départ pour la grande finale, a été repêché et a finalement remporté le premier prix.
Conçu pour distinguer de jeunes chanteurs âgés de 22 à 32 ans, le concours avait programmé une petite finale — une épreuve de repêchage destinée à donner au public et au jury la possibilité d’accorder une seconde chance à un candidat. La soirée du 9 juillet a pris une tournure inattendue : le public a plébiscité la soprano ukrainienne Evelina Liubovko, mais le président du jury, Olivier Ojzerowicz‑Medinger, a choisi de faire entrer Trevor Haumschilt‑Rocha. Sumi Jo a elle‑même ajouté un troisième nom, la mezzo‑soprano chinoise Fei Sun. Au lieu d’un seul repêché, ils furent donc trois à concourir pour la grande finale.
- Trois repêchés (public, président du jury, présidente du concours) au lieu d’un.
- Onze finalistes pour la soirée du 10 juillet, présentant un niveau jugé « exceptionnel » par le jury.
- Trevor Haumschilt‑Rocha, 27 ans, a remporté le premier prix après avoir chanté Korngold en petite finale.
Originaire de San Diego et diplômé de la Juilliard School, Trevor Haumschilt‑Rocha (27 ans) dispose déjà d’un palmarès international : il a figuré parmi les lauréats de concours tels que la Neue Stimmen competition, la Richard Tucker Music Foundation et la Giulio Gari Foundation, et a été membre de l’Opéra‑studio de la Volksoper de Vienne de 2024 à 2026. Pour la petite finale, il a choisi « Mein Sehnen, mein Wähnen » de la Ville morte d’Erich Wolfgang Korngold, un air introspectif qui met l’accent sur la musicalité et la maturité d’interprétation plutôt que sur la virtuosité pure.
La décision de multiplier les repêchages a modifié la dynamique de la compétition : ce mode d’intervention du président du jury et de la présidente du concours illustre la part de subjectivité inévitable dans l’évaluation artistique, et souligne la volonté d’ouvrir des opportunités pour des profils déjà engagés dans des carrières lyriques. À l’échelle européenne et internationale, ce concours, qui attire des candidats issus de conservatoires et de maisons d’opéra, est aussi un révélateur de tendances de recrutement et de répertoire.
| Nom | Nationalité | Particularité |
|---|---|---|
| Trevor Haumschilt‑Rocha | États‑Unis | Lauréat, repêché par le président du jury |
| Evelina Liubovko | Ukraine | Choix du public en petite finale |
| Fei Sun | Chine | Choisie par Sumi Jo comme repêchée |
Au‑delà du palmarès, la session 2026 pose des questions sur les usages du repêchage dans les compétitions musicales : quels critères doivent primer — l’impact scénique, le parcours antérieur, la préférence du public ou l’appréciation d’un jury professionnel ? En l’occurrence, la combinaison de ces facteurs a mené à une issue qui récompense une trajectoire déjà bien engagée dans le circuit lyrique international, tout en mettant en lumière la richesse du répertoire choisi par les candidats.
La victoire de Trevor Haumschilt‑Rocha procède ainsi d’un croisement entre compétence vocale reconnue par des institutions majeures et opportunité saisie lors d’une soirée décisive. Pour la scène lyrique française, accueillir un tel concours au cœur d’un domaine historique confirme la place de la France comme terrain d’observation et d’émergence pour les jeunes talents internationaux.