Un nouveau cursus au cœur d’un défi guadeloupéen
Alors que la question de l’accès à l’eau reste au centre des préoccupations dans l’archipel, l’Agro-campus du Lycée Agricole de Convenance, à Baie-Mahault, lance un BTSA "Gestion et maîtrise de l’eau". La rentrée est fixée au 7 septembre 2026. Cette formation en apprentissage entend préparer la relève d’un secteur en tension, où entreprises et établissements publics cherchent des profils opérationnels et ancrés dans les réalités locales.
Cette annonce intervient une semaine après le Congrès de l’eau tenu à Basse-Terre. Dans les couloirs, tout le monde disait la même chose : il faut des bras, des têtes, et surtout des jeunes formés aux spécificités du terrain péyi. Le choix d’un diplôme de niveau bac+2 (niveau 5) en alternance colle à cette urgence de compétences.
Une première au Lycée Agricole, pensée avec la filière
Le campus souligne le caractère inédit de l’ouverture de ce BTSA sur le territoire au sein de l’établissement. Le directeur de l’EPLEFPA, David Dahomay, insiste sur l’articulation avec l’existant et la complémentarité des offres, sans chevauchement inutile. Il rappelle la singularité de l’apprentissage pour ce cursus, intégral, sans voie scolaire parallèle.
« C’est la première fois qu’on ouvre ce BTSA sur le territoire de la Guadeloupe [...] Ce n’est pas une formation concurrente, mais une formation complémentaire, avec une spécificité importante : elle est proposée entièrement en apprentissage. »
Le contenu pédagogique a été construit en concertation étroite avec les acteurs publics et privés de la gestion de l’eau. Concrètement, des professionnels interviendront dans les enseignements techniques, pour caler au plus près les compétences attendues sur les chantiers, en usine, comme au sein des services.
Alternance et profils visés : cap sur l’emploi
Le dispositif s’adresse aux jeunes de 16 à 29 ans, avec une absence de limite d’âge pour les personnes reconnues travailleurs handicapés. La formation s’étale sur deux ans, avec un rythme d’une semaine au CFA de l’Agro-campus pour l’apport théorique et deux semaines en entreprise pour la mise en situation.
- Diplôme: BTSA "Gestion et maîtrise de l’eau" (niveau 5, bac+2)
- Public: 16–29 ans; pas de limite d’âge pour les personnes RQTH
- Rythme: 1 semaine au CFA / 2 semaines en entreprise
- Statut: 100% en apprentissage
Dans la vie de tous les jours, la population mesure à quel point l’eau, c’est la base. Comme le dit une habitante croisée à Convenance, « lè dlo pa ka vini, sé tout lajounen ka chanjé » — quand l’eau manque, c’est tout le quotidien qui se dérègle. Former des techniciens capables de diagnostiquer, d’exploiter et d’entretenir les réseaux et équipements devient un enjeu d’autonomie locale et de qualité de service.
Des enseignements ancrés dans le terrain
L’approche par compétences, nourrie d’interventions de la filière, doit consolider des savoir-faire directement mobilisables: mesures et suivi de la ressource, maintenance des installations, exploitation de réseaux, contrôle qualité, et gestion des ouvrages. L’objectif est clair: mettre sur le marché du travail des jeunes immédiatement opérationnels, capables d’évoluer dans des structures publiques comme privées, de l’exploitation au conseil en passant par la conduite d’installations.
| Éléments clés | Infos |
|---|---|
| Date de rentrée | 7 septembre 2026 |
| Durée | 2 ans |
| Public | 16–29 ans (sans limite d’âge pour RQTH) |
| Rythme d’alternance | 1 semaine CFA / 2 semaines entreprise |
| Diplôme | BTSA, niveau 5 (bac+2) |
Pourquoi c’est important pour l’archipel
En Guadeloupe, renouveler les compétences dans les métiers de l’eau n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Les besoins de recrutement augmentent et le renouvellement des générations s’impose. En misant sur l’apprentissage, le campus fait le pari d’une insertion rapide et d’une montée en compétence en situation réelle.
Les candidats intéressés pourront se rapprocher de l’Agro-campus de Convenance pour connaître les modalités d’inscription et les entreprises d’accueil potentielles. L’enjeu, au-delà du diplôme, est de bâtir une chaîne locale de compétences, du captage au robinet — pou tout moun — afin que le service s’améliore durablement.