Une reprise d’activité limitée pendant deux mois
À compter du 6 juillet et jusqu’au 6 septembre, les urgences du CHU de Trinité proposent à nouveau un accueil des patients, mais selon des modalités restreintes. Le service est ouvert au public de 8h00 à 23h30, tandis que les admissions s’arrêtent dès 20h00. Au-delà de cet horaire, les personnes sont orientées vers le 15 afin d’être prises en charge par le SAMU et, si nécessaire, transférées vers le CHU de Fort-de-France.
Organisation interne et continuité des soins
La direction médicale justifie cette organisation comme une réponse aux contraintes actuelles, visant à préserver la qualité et la sécurité des prises en charge. Selon le chef du pôle des urgences, un dispositif est néanmoins prévu pour les arrivées tardives : un interne de garde et du personnel paramédical assureront l’accueil, l’évaluation et l’orientation des patients qui se présenteraient après les horaires d’ouverture. Par ailleurs, les patients déjà hospitalisés bénéficieront d’astreintes médicales dans plusieurs services pour assurer la continuité des soins.
Des réactions vives des syndicats
Cette réouverture partielle suscite l’opposition des organisations syndicales. L’UGTM Santé réclame une reprise complète, 24 heures sur 24, estimant que l’offre proposée ne couvre pas les besoins de la population, notamment dans le Nord de l’île. Pour le syndicat, la racine du problème tient à un déficit structurel en médecins spécialistes et en urgentistes sur le territoire, une difficulté déjà dénoncée auprès de la direction du CHU et de l’ARS.
« Il n’est pas évident qu’on ait un nombre de médecins urgentistes en suffisance. Les dispositions que nous demandons depuis plusieurs années à la direction générale du CHU et à l’ARS, c’est de faire en sorte que la Martinique soit pourvue en médecins spécialistes. »
Conséquences pour les habitants du Nord
Les syndicats soulignent que la fermeture partielle compromet l’égalité d’accès aux soins. Pour les habitants des communes du Nord, la nécessité de se déplacer jusqu’à Fort-de-France en cas d’orientation tardive pose des problèmes pratiques : temps de trajet, conditions de circulation et disponibilité des moyens de transport. Ces éléments rendent les transferts plus complexes et potentiellement risqués pour des patients en situation aiguë.
- Période : du 6 juillet au 6 septembre
- Horaires d’accueil : 8h00 – 23h30
- Admissions : arrêtées à 20h00
- Orientation après 20h00 : appel au 15 et prise en charge par le SAMU vers Fort-de-France si nécessaire
Points d’attention et enjeux locaux
Cette organisation temporaire illustre la tension entre la volonté de maintenir une offre de proximité et les contraintes en ressources humaines et logistiques. À court terme, le dispositif peut limiter certaines situations critiques grâce aux astreintes et à la coordination SAMU-CHU. À moyen terme, le débat se déplacera inévitablement sur la capacité du territoire à recruter et à fidéliser des spécialistes et urgentistes, condition nécessaire pour garantir une permanence de soins complète sur l’ensemble de l’île.
| Élément | Dispositif |
|---|---|
| Dates | 6 juillet – 6 septembre |
| Horaires accueil | 8h00 – 23h30 |
| Heure d’arrêt des admissions | 20h00 |
| Après 20h00 | Appel au 15 / orientation par le SAMU |
La question reste politique et sanitaire : comment concilier sécurité des soins et accessibilité territoriale ? Les prochains jours permettront d’observer l’efficacité pratique du dispositif, mais les syndicats annoncent qu’ils resteront mobilisés tant qu’une réouverture 24/24 ne sera pas garantie.
Loïc Capgras
Correspondant en Martinique, InfoRadar