Un besoin massif, des réponses encore insuffisantes
Dans le Val-de-Marne, la scolarité de près de 8 000 enfants en situation de handicap repose sur un appui individuel pour gagner en autonomie au quotidien. Troubles spécifiques du langage, limitations sensorielles ou motrices, déficiences intellectuelles : les profils sont variés et les besoins croissent. Pourtant, seuls 65 % des élèves identifiés disposent aujourd’hui d’un accompagnant dédié.
La pression est forte sur les équipes de l’Éducation nationale, qui peinent à pourvoir les postes d’AESH malgré une montée en charge rapide ces dernières années. Le département compte désormais 2 700 accompagnants, contre 457 en 2017. De 2025 à 2026, 350 recrutements ont été effectués et 125 supplémentaires sont annoncés pour la rentrée.
Un partenariat opérationnel avec France Travail
Pour franchir un cap, l’Éducation nationale s’appuie désormais sur France Travail afin d’identifier, informer et former des candidats. Cette coopération, présentée comme une première à l’échelle de l’Île-de-France, vise à structurer le vivier de postulants et à accroître le taux de couverture des notifications d’accompagnement.
« C’est le deuxième métier de l’Éducation nationale », illustre Grégory Prémon, directeur académique des services de l’Éducation nationale dans le Val-de-Marne. « Mais il y a un manque d’information sur cette profession, dont l’image n’est pas toujours bonne ».
L’objectif est clair : mieux faire connaître ce métier, consolider les parcours d’intégration et limiter les renoncements, alors que les besoins des familles continuent d’augmenter.
Un métier indispensable, mais jugé précaire
Le cœur de mission des AESH : soutenir l’élève pour favoriser son autonomie et ses apprentissages au sein de la classe, dans le respect des adaptations pédagogiques retenues. Le cadre d’emploi actuel, fondé sur un contrat hebdomadaire de 24 heures (avec possibilité d’heures complémentaires), reste toutefois perçu comme fragile en termes de rémunération et de perspectives, ce qui freine le recrutement et la fidélisation.
Ce constat nourrit la difficulté à atteindre une couverture complète des besoins. Le partenariat avec France Travail doit aider à lever certains obstacles : meilleure information du public, ciblage des profils motivés, adaptation des modules de formation aux réalités du terrain.
Quels effets attendre dès la rentrée ?
Les 125 recrutements annoncés pour la rentrée doivent permettre d’améliorer la présence d’adultes auprès des élèves concernés, avec l’enjeu d’éviter des ruptures d’accompagnement dès les premières semaines. Les services académiques s’attachent à affecter les nouveaux arrivants en fonction des urgences territoriales, en priorisant les notifications en attente.
Au-delà des chiffres, ce mouvement vise à sécuriser les temps de classe, limiter les absences d’accompagnement et fluidifier les échanges entre enseignants, familles et professionnels. La collaboration renforcée avec France Travail doit également stabiliser les flux de candidatures tout au long de l’année scolaire.
Des points de vigilance pour les familles
- Couverture partielle : avec 65 % de besoins couverts, des délais d’affectation peuvent persister malgré les renforts.
- Contraintes d’horaires : les quotités de 24 h hebdomadaires et les compléments éventuels conditionnent la présence en classe.
- Montée en charge progressive : les 125 arrivées prévues à la rentrée s’ajoutent aux 350 déjà recrutées entre 2025 et 2026, mais l’adéquation aux besoins dépendra des profils et des affectations.
Repères chiffrés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Élèves ayant besoin d’un accompagnement | 8 000 |
| Taux de couverture actuel | 65 % |
| AESH en poste (2026) | 2 700 |
| AESH en 2017 | 457 |
| Recrutements 2025–2026 | 350 |
| Recrutements prévus à la rentrée | 125 |
| Durée hebdomadaire du contrat | 24 h |
Un enjeu éducatif et social majeur
Le renforcement du maillage d’AESH dans le département ne relève pas d’un simple ajustement. Il conditionne l’inclusion scolaire effective de milliers d’enfants et la sérénité des équipes pédagogiques. La démarche conjointe avec France Travail, inédite en région francilienne, apparaît comme un levier pour structurer le recrutement, améliorer l’information des candidats et accélérer la mise en poste.
Reste une équation à résoudre : transformer l’attractivité fragile du métier en engagements durables, afin de tenir le cap d’une école véritablement inclusive. Les prochains mois, marqués par les nouvelles affectations et l’accueil des recrues de la rentrée, permettront de mesurer les effets concrets de cette mobilisation dans les établissements du Val-de-Marne.