Un équipement déjà sollicité, un financement incomplet
Installée au sein de l'hôpital d'Auch en décembre 2025, la Maison des Femmes a reçu, en sept mois, 80 personnes victimes de violences. Malgré ce démarrage effectif, la structure ne dispose pas encore des moyens financiers nécessaires pour finaliser l'aménagement de ses locaux : une cagnotte en ligne a été lancée, mais 40 000 € manquent toujours.
Face à ce déficit, le collectif d'opposition municipale Les Alters — regroupant forces solidaires, écologistes et responsables — a publié un communiqué appelant les collectivités territoriales et les parlementaires à intervenir pour combler ce reliquat. Le groupe estime que la responsabilité revient à la puissance publique plutôt qu'à la seule générosité citoyenne.
Un argument fondé sur l'évolution des violences dans le département
Pour étayer sa demande, Les Alters rappelle des chiffres récents : une hausse de 26 % des violences sexuelles dans le Gers en 2025, et une progression de 6 % des violences physiques intrafamiliales en 2024. Selon le collectif, la mission de la Maison des Femmes s'inscrit dans l'intérêt général et dépasse le cadre d'une initiative associative isolée.
« c'est la puissance publique qui doit trouver les fonds manquants »
Le communiqué souligne aussi que l'Agence régionale de santé (ARS) a déjà engagé 138 000 € pour le projet. À ses yeux, la somme restante est « modeste » au regard des budgets locaux et des engagements annoncés lors de l'ouverture.
- Ouverture : décembre 2025, à l'hôpital d'Auch
- Bénéficiaires à ce jour : 80 femmes reçues
- Aide déjà engagée : 138 000 € par l'ARS
- Manque à financer : 40 000 €
| Élément | Montant / chiffre |
|---|---|
| Engagement ARS | 138 000 € |
| Reliquat à couvrir | 40 000 € |
| Personnes accueillies (déc.2025–juil.2026) | 80 |
Sur le terrain, la Maison des Femmes propose un dispositif pluridisciplinaire : accueil médical, soutien psychologique, accompagnement social et conseils juridiques. Les Alters alerte que derrière chaque dossier se profilent souvent des enfants et des familles qui subissent les conséquences des violences.
Reste la question des responsabilités budgétaires. Les Alters appelle la Ville d'Auch, l'Agglomération, le Département et les parlementaires à « se mobiliser promptement » pour éviter que la finition des locaux ne ralentisse l'activité. Le collectif considère que l'exploitation quotidienne et la montée en puissance de la structure ne peuvent dépendre uniquement des dons en ligne.
Du côté des gestionnaires de la Maison des Femmes, la nécessité de réunir les fonds par tous les moyens est claire ; l'appel aux dons se poursuit pour réunir le solde, tandis que la pression politique grandit pour transformer cet apport ponctuel en engagement durable des collectivités. Les prochains jours devraient permettre d'évaluer si les appels lanceront des réponses institutionnelles rapides, ou si la structure devra prolonger sa dépendance aux contributions privées.
La question est désormais de savoir qui, et quand, tranchera sur ce complément de financement afin d'assurer la continuité d'une offre devenue, en quelques mois, un volet reconnu de l'accompagnement des victimes dans le Gers.