À Belfort, un apprentissage pour mieux communiquer
Au pôle santé pluridisciplinaire des Résidences, à Belfort, une dizaine de personnes se forment à la lecture labiale. Objectif : retrouver des échanges plus fluides au quotidien, malgré la perte d’audition. Dans la classe de Florence, orthophoniste, la règle de départ surprend :
« Éteignez vos appareils, moins on entend, plus on regarde et plus on apprend. »En s’appuyant sur l’observation fine des mouvements de la bouche, les participants réapprennent à décoder la parole et à réduire l’isolement lié au handicap.
Un entraînement précis et progressif
Les séances débutantes s’attachent d’abord aux consonnes proches visuellement. Distinguer un t, un d ou un n peut se révéler piégeux : l’exemple du mot « tendinite » illustre combien certaines articulations se ressemblent à l’œil nu. L’approche se veut pragmatique et patiente, avec un passage possible, après quelques années de pratique, vers un niveau confirmé axé sur les conversations de la vie quotidienne.
Sortir de l’isolement, avec un groupe
Pour Gilles, devenu sourd à 50 % depuis cinq ans, l’intérêt dépasse la technique :
« J’avais envie de rencontrer des personnes avec les mêmes difficultés que moi, parce que je vis dans un milieu de personnes entendantes. »Le cadre collectif compte autant que l’apprentissage lui-même : il permet de partager des stratégies et d’alléger la charge mentale que représente l’effort constant pour comprendre.
Impliquer les aidants et les proches
Les ateliers ne concernent pas seulement les malentendants. Claire y accompagne son père, touché par des troubles de l’audition :
« Ça nous a permis de nous rapprocher et de surmonter la difficulté de devoir crier pour se faire comprendre. »L’orthophoniste rappelle des gestes simples qui changent tout : se placer face à la personne, articuler, recourir aux expressions du visage et aux gestes. Autant de repères visuels qui soulagent l’effort de décodage.
Une dynamique associative depuis 2021
L’initiative est portée depuis 2021 par l’ARDDS (Association de réadaptation et de défense des devenus sourds). Le fil conducteur : outiller les personnes malentendantes, mais aussi leur entourage, pour maintenir le lien social, au travail comme à la maison. Après une trêve estivale, les cours de lecture labiale reprennent le 5 septembre.
Ce qu’il faut savoir, en pratique
- Lieu : pôle santé pluridisciplinaire des Résidences, à Belfort.
- Public : personnes malentendantes et aidants souhaitant améliorer la communication.
- Parcours : groupes débutants, puis accès au niveau confirmé après plusieurs années.
- Reprise : 5 septembre (après la pause d’été).
| Élément | Information |
|---|---|
| Initiative | ARDDS (depuis 2021) |
| Compétences travaillées | Lecture sur les lèvres, repères visuels, articulation |
| Public visé | Malentendants et proches aidants |
Au-delà de l’acquisition d’un savoir-faire, ces ateliers instaurent des conditions de dialogue plus justes. Face à un voisin, un collègue ou un parent malentendant, quelques réflexes — se tenir dans la lumière, ne pas masquer sa bouche, ralentir — font souvent la différence. À Belfort, cette pédagogie très concrète s’ancre dans le quotidien et redonne de la place à la parole partagée.