Un phénomène rare dans une ferme du Haut-Doubs
À Guyans-Vennes, près de Morteau, la paisible montbéliarde baptisée Redonne fait beaucoup parler d’elle. Hébergée au GAEC des Chamois, elle s’est illustrée en multipliant les naissances au pas de charge depuis trois ans. Entre veau unique, jumelles puis triplés à deux reprises, la vache a déjà porté au monde neuf veaux en seulement quatre vêlages. Un enchaînement qui, dans la race montbéliarde, relève de l’exception.
Un parcours de reproduction hors norme
Née le 5 septembre 2020 d’un taureau prénommé Fadile, Redonne a entamé sa série le 11 mai 2023 avec un premier veau. L’année suivante, le 9 mai 2024, ce sont des jumelles qui voient le jour. Le cap s’accélère en 2025 : le 29 avril, la vache met bas des triplés (deux mâles et une femelle). Et, tout récemment, le 19 juin, elle réédite l’exploit avec trois nouveaux veaux, deux femelles et un mâle, prénommés avec humour Bim, Bam et Boum. Les animaux vont bien et manifestent une belle vitalité, selon l’élevage.
| Vêlage | Date | Nombre | Détails |
|---|---|---|---|
| 1 | 11/05/2023 | 1 | Veau unique |
| 2 | 09/05/2024 | 2 | Jumelles |
| 3 | 29/04/2025 | 3 | Triplés (2 mâles, 1 femelle) |
| 4 | 19/06/2026 | 3 | Triplés (2 femelles, 1 mâle), Bim, Bam, Boum |
Une curiosité qui attire les regards
Dans la grande majorité des élevages, une vache ne met au monde qu’un seul veau par vêlage. Les naissances gémellaires restent marginales, évaluées à environ 2 % des cas, et les triplés confinent à l’exception, autour de 0,01 %. L’enchaînement observé ici — deux séries de triplés en à peine plus d’un an — explique l’intérêt marqué de techniciens agricoles pour la montbéliarde du GAEC des Chamois.
Éleveurs aux premières loges
Redonne est suivie au quotidien par les éleveurs Patrick Boissenin et Emmanuel Roy, épaulés par leur salarié Rémy Guyot-Jeannin. Le trio a vu la vache surprendre à plusieurs reprises sans montrer de signes de fatigue préoccupants. À six ans, l’animal présente, selon l’élevage, une mamelle de qualité, de quoi envisager sereinement la suite de sa carrière laitière et maternelle.
Pourquoi un tel enchaînement ?
Dans les étables, les naissances multiples peuvent relever d’une combinaison de facteurs reproductifs. Sans s’avancer sur des causes non établies, le cas de Redonne illustre la variabilité naturelle que connaissent les troupeaux, avec, parfois, des séries statistiques rarissimes. Le suivi attentif et les conditions d’élevage jouent également un rôle, en particulier pour accompagner sans heurt les mises bas successives.
Le Haut-Doubs, terre de montbéliardes
La scène se déroule au cœur d’un pays de vaches brunes et pies, où la montbéliarde est chez elle. Dans cette région de fromages et de prairies d’altitude, les vêlages rythment la vie des fermes. L’histoire de Redonne, par son caractère atypique, s’inscrit dans ce quotidien et rappelle, en creux, l’attention portée par les éleveurs à la santé des mères comme des veaux.
Ce qu’il faut retenir
- En quatre mises bas depuis 2023, Redonne totalise neuf veaux, dont deux séries de triplés.
- Les éleveurs du GAEC des Chamois, à Guyans-Vennes, confirment la bonne santé de la mère et des petits.
- Un enchaînement rarissime dans la race montbéliarde, qui suscite l’intérêt des professionnels du secteur.
À l’échelle d’une ferme, ces naissances multiples bousculent l’ordinaire, mais elles racontent surtout le soin patient des équipes et la part d’imprévu qui accompagne, toujours, la vie d’un troupeau.