Un passage de témoin encadré pour préserver l'exploitation
À Lalinde, en Dordogne, la transmission d'une exploitation fruitière se joue aujourd'hui sur la durée et la pédagogie. Après 45 ans de métier, Gilles Lambert a décidé de céder Les Vergers du Canal, une ferme biologique comptant 4 hectares de kiwis et 1,5 hectare de légumes. Plutôt que de laisser partir son successeur sans accompagnement, il a opté pour un contrat de parrainage afin d'assurer une reprise en ordre de marche.
Ce dispositif associe quatre parties : les cédants, le jeune repreneur, le CFPPA de Dordogne et France Travail. Le contrat signé couvre la période du 1er décembre 2025 au 31 octobre 2026, échéance à laquelle la reprise doit être effective. Pendant cette année, la transmission technique est organisée sur le calendrier agricole propre à la culture du kiwi — taille de décembre, gestion de l'irrigation, etc. Le cédant prévoit par ailleurs de rester disponible pendant une année supplémentaire, éventuellement via quelques heures de travail hebdomadaires.
"On voulait céder l'exploitation, mais pas en laissant un jeune partir la fleur au fusil."
Cette phrase du cédant résume l'intention : limiter les risques d'un départ sans expérience suffisante face aux aléas agronomiques, climatiques et commerciaux propres à la filière. Le parrainage vise donc à transmettre non seulement des gestes techniques mais aussi une connaissance fine du terroir et des circuits de vente.
Un filet de sécurité financier
Pour sécuriser l'opération, Gilles Lambert a exigé que le repreneur obtienne un accord bancaire avant la signature du parrainage. Ce n'est pas une obligation réglementaire, mais le producteur l'estime nécessaire : former quelqu'un demande du temps et de l'énergie, et un refus de prêt en bout de course ferait perdre ces investissements intellectuels et pratiques.
- Durée du parrainage : 1er décembre 2025 — 31 octobre 2026.
- Surface agricole : 4 ha de kiwis (bio) + 1,5 ha de légumes.
- Partenaires : CFPPA de Dordogne, France Travail, cédants et repreneur.
Implications locales et enseignements
Cette expérience illustre des réponses concrètes au défi du renouvellement des générations en agriculture, particulièrement dans des productions spécialisées comme le kiwi. Elle met en lumière trois points essentiels pour la Dordogne : la nécessité d'un encadrement technique lors des transmissions, le rôle des acteurs de la formation et de l'emploi (CFPPA, France Travail) pour faciliter l'entrée des jeunes, et l'importance d'une assise financière validée pour pérenniser une reprise.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Surface kiwis | 4 ha |
| Surface légumes | 1,5 ha |
| Durée du contrat | 01/12/2025 – 31/10/2026 |
Pour les agriculteurs qui envisagent de transmettre, l'exemple de Ces Vergers du Canal rappelle qu'une cession réussie repose autant sur la pédagogie et les mises en situation pratiques que sur des garanties financières. Du côté des jeunes repreneurs, c'est une invitation à se rapprocher des organismes de formation locaux et des partenaires du financement pour sécuriser leur projet.
Sur le terrain périgourdin, où petites exploitations et savoir-faire locaux façonnent les paysages et l'économie, ces dispositifs hybrides entre apprentissage et transfert apparaissent de plus en plus comme une solution pragmatique pour maintenir une agriculture vivante et durable.