Surveillance et prévention au cœur des serviettes
Sous le soleil d’été, la plage des Catalans ressemble à un microcosme marseillais : familles, ados, touristes et habitués se partagent quelques centaines de mètres de sable. Depuis le début de la saison, une quarantaine de médiatrices et médiateurs sillonnent le littoral dans le cadre du dispositif Safer plages, mais ce sont surtout les équipes postées aux Catalans qui attirent l’attention : 70 des 80 cas signalés cet été y ont été recensés.
Installées près de l’entrée, des tonnelles blanches servent de point d’accueil. À l’avant, un grand panneau liste les comportements constitutifs de violences, du mot rabaissant à l’agression physique. On y trouve aussi des flyers — le « respectomètre des plages » — et une information sur une application de signalement mise à disposition des usagers.
Une présence visible et des gestes concrets
Deux équipes dédiées, composées chacune de cinq à six personnes, se relaient sept jours sur sept, de 10 h à 19 h 30. Elles interviennent en prévention : circulation entre les serviettes, dialogues discrets avec des groupes, distribution d’informations et accompagnement des victimes ou témoins souhaitant signaler un fait.
- Objectif : contrer les violences sexistes, sexuelles et les discriminations.
- Moyens : présence humaine, application de signalement, matériel pédagogique (violentomètre, flyers).
- Zone la plus concernée : la plage des Catalans, proche du centre-ville et très fréquentée.
Les médiatrices interrogent, rassurent et invitent à la vigilance collective. « Si vous êtes témoins ou victime de regards insistants, de drague lourde ou tout autre comportement déplacé, on est là », disent-elles aux groupes de jeunes femmes qu’elles abordent.
« Si vous êtes témoins ou victime de regards insistants, de drague lourde ou tout autre comportement déplacé, on est là. »
Les faits observés
Les signalements les plus fréquents concernent des comportements d’importun : mots lourds, regards insistants, et photos non consenties. Le dispositif a aussi traité des cas plus graves, parmi lesquels un incident d’exhibitionnisme en juin. Lorsque nécessaire, la police est appelée à intervenir.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Plages couvertes | 8 |
| Médiateurs mobilisés | ~40 |
| Horaires (Catalans) | 10 h – 19 h 30 |
| Cas signalés cet été (total) | 80 |
| Cas signalés aux Catalans | 70 |
Pour les riverain·es et les vacanciers, cette mobilisation peut surprendre : certains y voient une aide bienvenue, d’autres s’interrogent sur l’efficacité à long terme. Dans les faits, la présence constante sur une plage très proche du centre-ville semble permettre une détection rapide des incidents et un accompagnement immédiat des victimes.
Reste la question de la prévention en amont : sensibilisation, éducation et sanctions sont complémentaires à l’intervention sur le terrain. Les médiateurs assument la partie visible de la lutte contre les violences sur l’espace public ; la réponse institutionnelle suppose, elle, coordination police/justice et politiques de prévention durables.
Cet été à Marseille, la plage des Catalans est devenue un terrain d’expérimentation pour des méthodes de médiation et d’alerte. Pour les utilisateurs et utilisatrices, l’invitation est simple : repérer, accompagner, signaler. Les serviettes entendent mieux — et, pour l’instant, la ville donne à entendre qu’elle est prête à s’en mêler.