Un plateau éphémère dans l'ancienne patinoire
Pendant un mois, du 6 juin au 5 juillet, l'ancienne patinoire de Saint-Ouen, reconvertie depuis 2022 aux cultures urbaines, a accueilli l'Usine des Films Amateurs (UFA), une initiative pensée par le réalisateur Michel Gondry. L'objectif annoncé : permettre aux habitant·es de se glisser derrière et devant la caméra, pas à pas, pour concevoir et tourner leur propre court-métrage.
Le dispositif proposait un environnement de production clé en main : faux vidéo-club, salon, bar, discothèque, cabinet médical, poste de police — autant de décors prêts à l'emploi mis à la disposition des participant·es. Dans cet atelier géant, les apprentis cinéastes ont abordé toutes les étapes d'un tournage, du scénario au découpage, puis au tournage et au montage.
« C’est trop bien ici ! »
Cette exclamation enthousiaste venait d'Awa, 11 ans, qui observait l'un des décors les plus réussis : un faux compartiment de train construit par les équipes de Gondry. La scène décrite dans les ateliers — deux jeunes bleus sur la piste d'un cold case longuement resté irrésolu — illustre la liberté créative laissée aux participant·es, qui ont pu inventer des fictions allant du polar à la comédie.
Une opération portée par la ville et la Mission Cinéma
Dans la logique d'ouvrir la culture au plus grand nombre, la Mission Cinéma de Saint-Ouen a accompagné l'opération. Samia Khitmane, directrice de la Mission Cinéma, a rappelé la volonté du maire Karim Bouamrane, également vice-président du Département en charge de la culture, de faire de la culture un vecteur de lien social. Sur place, des associations locales, dont Un Espoir pour Tous, ont investi les installations et participé aux tournages avec leurs publics.
- Dates : 6 juin – 5 juillet
- Lieu : ancienne patinoire de Saint-Ouen (reconvertie en espace culturel depuis 2022)
- Initiative : Usine des Films Amateurs, imaginée par Michel Gondry
Au-delà du charme d'un plateau ludique, l'UFA cherche à démystifier les métiers du cinéma et à donner aux habitants les moyens techniques et narratifs de raconter leurs réalités. Les ateliers ont attiré des profils variés : enfants avides d'expérimentation, adolescent·es curieux, associations œuvrant pour l'insertion et l'émancipation culturelle.
Conséquences locales et perspectives
Pour la ville, l'événement renforce l'ambition de faire de la culture un service public accessible. Transformer une ancienne patinoire en lieu de création temporaire montre aussi une approche pragmatique des locaux municipaux et de leur capacité à accueillir des projets innovants. Reste à savoir si l'expérience donnera lieu à de nouvelles éditions ou à des parcours de formation plus longs pour les participant·es les plus motivé·es.
| Élément | Information |
|---|---|
| Initiateur | Michel Gondry |
| Durée | 6 juin – 5 juillet |
| Lieu | Ancienne patinoire de Saint-Ouen |
| Partenaires cités | Mission Cinéma (Samia Khitmane), Un Espoir pour Tous, mairie (Karim Bouamrane) |
Sur le plan humain, ces dispositifs laissent des traces : apprentissages techniques, rencontres, images et récits produits collectivement. Ils rappellent que la culture peut à la fois divertir et outiller, en offrant des terrains d'expression aux habitants d'une ville souvent stigmatisée. À Saint-Ouen, l'Usine des Films Amateurs a fait tourner les caméras — et, pour un temps, a rendu visible une créativité locale prête à être explorée.