Crise autour de l’abattoir : tensions entre élus et professionnels
La décision de l’intercommunalité du Haut‑Béarn d’acter la fermeture de l’abattoir fait monter la tension. Lors d’une réunion publique suivie par plus de 250 personnes, le président de l’intercommunalité, Marc Oxibar, a expliqué que la structure ne peut plus supporter ses pertes et que la fermeture sera soumise au conseil communautaire du 3 septembre.
Face à cette annonce, des producteurs locaux sont montés au créneau pour demander un délai, voire une révision de la décision. Plusieurs participants ont rappelé l’importance de l’abattoir pour les exploitations du Béarn et de la vallée d’Ossau : au‑delà de l’outil technique, c’est une chaîne de valeur locale et des débouchés qui seraient affectés.
Des chiffres qui pèsent
La gestion financière de l’établissement, géré par un EPIC créé en 2019, est au cœur du débat. Le président a précisé que la collectivité a dû consentir des avances remboursables à trois reprises. Le déficit annuel s’aggrave :
- 2024 : déficit de 210 159 €
- 2025 : déficit de 364 878 €
- Au 30 juin de l’année en cours : 157 000 € déjà constatés
| Année | Déficit constaté |
|---|---|
| 2024 | 210 159 € |
| 2025 | 364 878 € |
| 30/06 (année en cours) | 157 000 € |
Selon les élus, la perte de volumes et l’incapacité à générer suffisamment de revenus ont empêché les investissements nécessaires pour moderniser l’outil et attirer des apporteurs. Les banques, ont‑ils ajouté, se seraient montrées frileuses pour financer ces travaux.
Éleveurs inquiets, menaces de mobilisation
Plusieurs producteurs ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils estiment être une décision précipitée. Ils redoutent des conséquences sur l’activité agricole locale, la survie de petites fermes et l’emploi lié à la filière.
« S’il faut bloquer Oloron, on le fera », a lancé, sous les applaudissements, un représentant des éleveurs présents.
Au nom du collectif des usagers, certains ont officiellement demandé un sursis, souhaitant que la communauté de communes repense le scénario de fermeture pour permettre une transition ou une reprise. Les débats ont été vifs, avec des critiques sur la gestion financière et la « comptabilité opaque » évoquée par des élus locaux.
Scénarios et conséquences locales
Plusieurs options ont été évoquées en marge de la réunion : soutenir l’abattoir par des subventions exceptionnelles, rechercher un repreneur privé, mutualiser un projet régional ou engager une montée en gamme pour attirer plus de volumes. Chacune de ces pistes pose des questions de calendrier, de coûts et d’acceptabilité politique.
Sur le terrain, les exploitants demandent des réponses rapides : sans solution, ils craignent des répercussions directes sur la commercialisation de leurs produits et sur l’emploi salarié de la structure. Les mois à venir seront cruciaux, la délibération du 3 septembre pouvant sceller l’avenir de l’équipement ou ouvrir une période de négociation.
Pratique : le conseil communautaire du Haut‑Béarn est le prochain rendez‑vous à suivre pour connaître la décision officielle. En attendant, la mobilisation des usagers et la recherche de solutions alternatives pourraient définir la suite de la dispute.