Une inquiétude limitée après des épisodes climatiques marqués
La dernière enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, réalisée entre le 22 juillet et le 5 août auprès de 8 500 entreprises, montre que les effets des fortes chaleurs et des incendies de juillet n'ont pas encore pesé lourdement sur l'activité globale du pays. Si l'activité a légèrement ralenti en juillet dans l'industrie, les services marchands et le bâtiment, les dirigeants interrogés anticipent une amélioration en août.
Au vu de ces réponses, la Banque de France estime pour l'instant une progression de +0,2% du produit intérieur brut au troisième trimestre, une lecture qui placerait la croissance en continuité avec le deuxième trimestre et après un recul de -0,1% au premier trimestre.
Conséquences concrètes pour les entreprises et l'économie
- Les secteurs de la restauration et des loisirs ont été les plus touchés par la canicule, en raison d'une clientèle réduite et d'arbitrages budgétaires des ménages.
- Globalement, les perturbations climatiques restent pour l'instant marginales au regard des soldes d'opinion recueillis auprès des chefs d'entreprise.
- La prévision gouvernementale pour 2026 de +0,7% de croissance reste en toile de fond mais l'enquête suggère une trajectoire trimestrielle encore fragile.
Chiffres clés
| Période | Indicateur |
|---|---|
| Enquête | 8 500 entreprises interrogées (22/07 - 05/08) |
| 1er trimestre | -0,1% d'activité |
| 3e trimestre (prévision) | +0,2% de croissance |
| Prévision gouvernement | +0,7% pour 2026 |
Ce que cela signifie pour les prochains mois
Pour l'heure, l'enquête indique que les entreprises considèrent les épisodes climatiques récents comme des chocs temporaires plutôt que structurels. Mais plusieurs points de vigilance persistent : les arbitrages des ménages sous la contrainte du pouvoir d'achat peuvent prolonger le retard de certains secteurs (restauration, loisirs), et la persistance d'étés extrêmes pourrait, à terme, modifier les chaînes d'approvisionnement et les calendriers de production.
Sur le plan macroéconomique, une croissance trimestrielle contenue laisse peu de marge de manœuvre pour améliorer rapidement l'emploi et les recettes fiscales. La lecture des prochains mois sera déterminante : si l'activité confirme la légère reprise annoncée pour août, la trajectoire 2026 pourrait se maintenir proche des attentes officielles ; dans le cas contraire, le gouvernement et les autorités monétaires devront surveiller un possible ralentissement plus marqué.