Des plaintes répétées pour des logements gérés « à distance »
À Angoulême, la présence d'Oqoro, une startup de gestion locative née à Lyon en 2019, suscite une vague d'insatisfaction parmi les habitants logés par l'agence. Sans agence physique dans la cité, la plateforme gère une trentaine de logements sur place, principalement des chambres en colocation, mais selon plusieurs témoignages la relation locative tourne trop souvent au conflit.
Sur internet, les critiques ne manquent pas et un collectif s'est constitué pour regrouper les personnes concernées. Une pétition locale, citée par plusieurs locataires, a déjà recueilli près d'une centaine de signatures contre des pratiques jugées abusives.
Des prestations promises mais pas assurées
Les reproches couvrent diverses défaillances : services inexistants, entretien irrégulier, absence de réponse. Au 16 rue Vauban, des colocataires disent avoir payé 80 € par mois pour une aide ménagère qui n'est passée que trois fois en autant de mois. Toujours selon ces témoins, la porte d'entrée restait mal fermée plusieurs semaines, exposant le logement au risque d'intrusion lors des épisodes de vent.
- Problèmes signalés : défaut de fermeture de porte, aide ménagère peu présente, absences de plaque de cuisson pendant deux mois.
- Témoignages : Léon Junior, des anonymes identifiés comme Léo et Suzanne, et Emma Courbière, 25 ans.
- Réponse d'Oqoro : l'agence n'a pas souhaité répondre aux questions des journalistes.
Dans un autre logement situé en bas du Plateau, des colocataires affirment être restés sans plaque de cuisson pendant deux mois avant qu'une réparation soit effectuée. Ils déplorent l'absence de numéro de téléphone fonctionnel et le recours quasi systématique aux échanges écrits, souvent restés sans suite.
Cautions retenues : le point le plus litigieux
Le grief le plus récurrent porte sur la restitution des dépôts de garantie. Emma Courbière explique avoir quitté sa chambre boulevard de la République et ne jamais avoir récupéré ses 600 € de caution. Selon elle, Oqoro a imputé des travaux liés à des moisissures dont elle avait pourtant signalé la présence avant son départ.
« Ils ont pris ma caution pour les réparer, alors que j'avais signalé la situation avant de partir », affirme une locataire.
Ces retenues de cautions, associées à des charges facturées et contestées, alimentent le mécontentement et ont poussé plusieurs victimes à se regrouper via le site litige-oqoro.fr, qui décrit des « gestion défaillante », « charges injustifiées » et « service injoignable ».
| Élément | Chiffre ou situation |
|---|---|
| Villes gérées par Oqoro | 42 |
| Logements gérés à Angoulême | ~30 (majorité chambres en colocation) |
| Pétition locale | ~100 signatures |
Interrogés, les représentants d'Oqoro n'ont pas donné suite aux sollicitations de la presse. Sur place, les locataires réclament un contact réactif et une meilleure transparence quant aux retenues appliquées sur les cautions.
La situation pose aussi la question du modèle de gestion 100 % numérique pour des logements en périphérie ou en centre-ville historique, où la disponibilité d'un interlocuteur local et le suivi des réparations peuvent faire la différence entre une colocation sereine et un long contentieux. Pour l'heure, les actions collectives et la médiatisation semblent être les principaux leviers utilisés par les victimes pour obtenir des réponses.