Un courrier au Premier ministre qui vise au-delà des erreurs individuelles
Le drame qui a coûté la vie à Lyhanna a poussé le maire d'Auch, Camille Bonne, à adresser fin juin une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu. L'élu y estime que les faits révélés par l'enquête n'expliquent pas seulement une succession de fautes : ils mettent au jour, selon lui, des défaillances structurelles dans le traitement des signalements, la chaîne judiciaire et la réponse des forces de sécurité sur le territoire.
Dans ce courrier — dont InfoRadar a pris connaissance via le compte-rendu de presse — le maire demande des renforts et des moyens pérennes pour la justice, la police et la gendarmerie du Gers. Il souligne que les alertes venant des élus locaux sur le manque de ressources existent depuis plusieurs années et que la situation dépasse le cadre des responsabilités individuelles.
« Cette défaillance de nos institutions présente à mes yeux et en premier lieu un caractère systémique », écrit l'édile.
Camille Bonne rappelle notamment les difficultés chroniques du tribunal judiciaire d'Auch : manque de magistrats, pénurie de greffiers et problèmes informatiques récurrents. Il cite notamment le logiciel Cassiopée, dont les dysfonctionnements ont déjà eu des conséquences sur le déroulé des audiences.
Des alertes répétées — un exemple parlementaire
Le maire évoque aussi des signaux lancés par des parlementaires. Parmi eux, le député David Taupiac avait, le 15 avril 2025, alerté le garde des Sceaux sur une « situation alarmante » du tribunal d'Auch. Le courrier municipal met en relation ces alertes et les failles pointées au regard du dossier de Lyhanna.
| Acteur | Date | Nature de l'alerte |
|---|---|---|
| David Taupiac | 15/04/2025 | Pénurie de magistrats et dysfonctionnements informatiques |
Quelles conséquences pour Auch et le Gers ?
Le maire réclame des moyens supplémentaires durables pour garantir le bon fonctionnement du tribunal d'Auch, renforcer le commissariat de police du chef-lieu et conforter les brigades de gendarmerie. À court terme, ces demandes visent à éviter qu'une succession de défaillances n'empêche le recueil et le suivi des signalements à l'avenir. À moyen terme, il s'agit d'ouvrir une discussion sur l'organisation et le financement des services judiciaires et de sécurité dans un département rural comme le Gers.
- Renforcement des effectifs judiciaires et des greffes
- Stabilisation et mise à jour des outils informatiques (notamment Cassiopée)
- Moyens supplémentaires pour police et gendarmerie sur le territoire
La lettre du maire d'Auch marque une étape politique : elle formalise une demande adressée au niveau national et place sur la table la question des responsabilités institutionnelles. Reste à voir comment l'État répondra à ces demandes et quelles mesures concrètes seront prises pour rassurer une population confrontée à l'émotion d'un drame et à l'inquiétude sur la capacité des services publics à protéger et faire respecter la loi.