Le CHU de Besançon expérimente des gestes médicaux en micropesanteur
Le CHU Besançon Franche‑Comté a participé à des essais visant à adapter la radiologie interventionnelle aux conditions d'apesanteur. L'expérience, intégrée au projet IRIS (Interventional Radiology In Space), a pour ambition de rendre possibles des interventions mini‑invasives lors de longs séjours spatiaux, mais aussi de profiter à des situations terrestres isolées.
Le docteur Romain Capocci, radiologue au CHU, s'est embarqué avec trois collaborateurs le 19 mars à bord d'un Airbus A310 affrété par une filiale du CNES. Les vols paraboliques de l'appareil créent des phases de micropesanteur d'environ 22 secondes par parabole, permettant de reproduire brièvement les conditions spatiales.
- Objectif pratique : valider des gestes de radiologie interventionnelle réalisables sans anesthésie générale et avec peu de matériel.
- Procédure testée : pose d'un drain rénal guidée par échographie, effectuée dans une boîte dédiée afin de maîtriser les objets et fluides en flottement.
- Conséquence : élaboration d'un kit d'intervention et de protocoles pour que des équipages puissent se débrouiller seuls lors de missions de longue durée.
Les gestes ont été conduits avec des circuits de drainage en boucle fermée, précaution destinée à éviter que matériel ou liquides ne dérivent au sein de la cabine. Après chaque vol, les équipes ont analysé les séquences en gravité afin d'identifier adaptations et améliorations à apporter aux instruments et aux procédures.
"L'objectif est d'anticiper la prise en charge d'urgences médicales lors de missions lointaines, tout en développant des solutions utilisables sur Terre dans des zones très isolées."
Les futures missions habitées vers des destinations comme Mars impliquent des durées de trajet pouvant atteindre environ neuf mois. Dans ce contexte, la possibilité d'effectuer des interventions sans chirurgies lourdes devient essentielle afin de traiter localement des pathologies fréquentes, comme les calculs rénaux, dont le risque augmente en milieu spatial en raison de la déshydratation.
| Élément | Valeur (issue du test) |
|---|---|
| Date du vol | 19 mars |
| Durée d'apesanteur par parabole | 22 secondes |
| Équipe bisontine | Dr R. Capocci + 3 collaborateurs |
Au‑delà du défi spatial, les retombées potentielles pour le Doubs sont tangibles : simplification des interventions en zones isolées, réduction des besoins en plateaux techniques lourds et transfert de savoir‑faire vers des structures de proximité. Le CHU de Besançon se positionne ainsi comme un acteur local de l'innovation médicale capable de répondre à des enjeux à la fois planétaires et régionaux.
Les résultats complets de ces essais seront exploités pour concevoir des kits d'intervention et des protocoles destinés aux astronautes, mais aussi pour évaluer des applications civiles, notamment dans les déserts médicaux.