Un signal d’efficacité dans une maladie aux options limitées
Une combinaison de thérapies ciblées apporte un bénéfice mesuré chez des hommes atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration. Selon l’essai de phase 3 CONTACT‑02, publié dans The Lancet Oncology et relayé début juillet 2025, l’association cabozantinib (Cabometyx) + atezolizumab (Tecentriq) réduit d’environ 35 % le risque de progression ou de décès par rapport à une seconde hormonothérapie ciblant le récepteur aux androgènes.
Un gain de contrôle tumoral sans allongement clair de la survie globale
Chez plus de 500 participants présentant des métastases des tissus mous extra‑pelviens après échec d’une première hormonothérapie moderne (type abiratérone ou enzalutamide), la survie sans progression médiane est passée de 4,2 à 6,3 mois avec la combinaison, sur un suivi médian de 11,8 mois. Les auteurs soulignent toutefois qu’aucun allongement net de la survie globale n’a, à ce stade, été établi.
« le cancer de la prostate métastatique résistant à la castration qui a progressé sous un traitement par inhibiteur du récepteur des androgènes est associé à de mauvais résultats et à une survie globale inférieure à deux ans »
Ce rappel du Dr Joan Carles (Hôpital Universitaire Vall d’Hebron, Barcelone) éclaire l’intérêt clinique d’un ralentissement de la progression, même modeste, dans une pathologie au pronostic péjoratif.
Tolérance et prudence des spécialistes
Les données rapportées indiquent des effets indésirables marqués, appelant à une sélection rigoureuse des patients et à une surveillance rapprochée. Les spécialistes recommandent une approche prudente face à ce schéma combiné, en l’absence de bénéfice confirmé sur la survie globale et compte tenu de la charge toxique potentielle.
Accès en France : une équation encore ouverte
La question de l’accès à cette double thérapie en France demeure non tranchée. Entre bénéfice clinique limité mais tangible sur la progression, tolérance à considérer et contraintes de prise en charge, l’intégration éventuelle de cette stratégie dans le parcours de soins pourrait nécessiter des évaluations supplémentaires et un cadrage par les autorités de santé.
Essai CONTACT‑02 : ce qu’il faut retenir
- Population : hommes avec cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, après échec d’une première ARPI.
- Comparaison : cabozantinib + atezolizumab versus seconde ARPI.
- Résultats principaux : réduction relative de 35 % du risque de progression ou décès ; PFS médiane 6,3 vs 4,2 mois ; pas de gain clair de survie globale à ce stade.
- Suivi : médiane de 11,8 mois.
| Indicateur | Combinaison | Comparateur |
|---|---|---|
| Risque progression/décès | −35 % (relatif) | Référence |
| Survie sans progression | 6,3 mois | 4,2 mois |
| Participants | >500 hommes | |
| Suivi médian | 11,8 mois |
Pour les cliniciens comme pour les patients français, ce signal d’efficacité devra être mis en balance avec la tolérance et l’absence, pour l’instant, d’un bénéfice de survie globale. Les décisions thérapeutiques resteront donc individualisées, en attendant d’éventuels arbitrages sur le remboursement et la place de cette combinaison dans l’arsenal disponible.