Un partenariat local pour renforcer la lutte contre les feux
Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Doubs et la Chambre d'agriculture du Doubs et du Territoire de Belfort viennent d'acter un dispositif visant à associer des exploitants agricoles à la réponse aux incendies. Présenté le 3 août, ce partenariat crée un réseau d'agriculteurs volontaires chargés d'intervenir rapidement en cas de départ de feu et d'appuyer les sapeurs‑pompiers, notamment pour l'approvisionnement en eau.
À Denney, près de Belfort, Gilles et Valérie Courbot illustrent ce dispositif : leur exploitation est dotée de plusieurs citernes et l'une d'elles, une tonne à lisier accrochée au tracteur, peut contenir 15 000 litres d'eau. Ils se tiennent prêts à prêter main forte lorsque l'alerte tombe.
"On se prépare, on fait attention. Quand je vois tous ces gens qui ont dû quitter leur village et qui n'habiteront plus jamais chez eux, je me dis qu'il y a danger aussi chez nous."
La mobilisation repose sur une organisation territoriale : vingt responsables de secteur ont été identifiés. Ces référents coordonnent des groupes d'agriculteurs volontaires — environ cinq à six exploitants par secteur — qui peuvent être contactés par le SDIS pour intervenir sur un sinistre ou mettre à disposition leurs réserves d'eau.
Un rôle précis pour des moyens concrets
Le choix d'associer les agriculteurs se fonde sur des atouts pratiques : matériel de traction et citernes déjà présents sur les exploitations, connaissance des parcelles et des accès, réactivité locale. Les volontaires peuvent intervenir sur des départs de feu naissants, aider à protéger des bâtiments agricoles ou ravitailler en eau les véhicules des secours lorsque la ressource manque.
- Matériel mobilisable : citernes accrochées aux tracteurs, tonnages importants d'eau (ex. 15 000 L).
- Organisation : 20 responsables de secteur assurent la liaison avec le SDIS.
- Effectifs : environ 5 à 6 agriculteurs volontaires par secteur.
Conséquences locales et enjeux
Cette initiative répond à une double préoccupation : améliorer la capacité d'intervention en zone rurale et renforcer la solidarité locale face à des risques accrus par les épisodes de sécheresse et les départs de feu observés ces dernières années. Pour les exploitants, il s'agit aussi d'une contribution à la protection de leurs propres biens — champs, bâtiments et cheptel — et de la sécurité des riverains.
Cependant, la coopération soulève des questions pratiques : coordination opérationnelle, sécurité des intervenants non professionnels face à des feux violents, assurance et responsabilité en intervention. Le partenariat prévoit que les agriculteurs interviennent sous la coordination du SDIS, en complément des moyens professionnels.
| Élément | Valeur citée |
|---|---|
| Capacité d'une tonne | 15 000 L |
| Responsables de secteur | 20 |
| Agriculteurs par secteur | 5 à 6 |
Comment se faire connaître ou suivre le dispositif
Les exploitants intéressés peuvent s'adresser à la Chambre d'agriculture du Doubs et du Territoire de Belfort pour rejoindre le réseau. Pour les habitants, ce partenariat signifie une présence supplémentaire de moyens locaux en prévention et en réponse aux incendies ; il n'altère pas le rôle principal du SDIS, qui demeure coordinateur des opérations.
Sur le terrain, l'exemple de Denney montre que la coopération entre agriculteurs et services de secours peut être rapide à mettre en œuvre quand il existe déjà des équipements adaptés et une volonté locale. Reste à pérenniser ce modèle, le sécuriser juridiquement et l'intégrer dans les plans communaux de gestion des risques.