Une rotation eurélienne envoyée sur l'un des plus gros feux de l'été
Fin juillet, un groupe de secours du SDIS 28 a été engagé durant une semaine sur le feu de forêt de Biscarrosse (Landes). Vingt-quatre personnels euréliens, dont vingt-deux pompiers répartis depuis Chartres, Lucé, Senonches et le Centre de Traitement de l'Appel, ont rejoint les équipes sur place pour participer au ralentissement et au confinement d'un brasier d'ampleur.
Le détachement est parti du centre d'intervention et de secours mixte de Chartres puis, lors du trajet, a été dérouté depuis sa destination première en Mayenne vers le Sud-Ouest, où les besoins étaient critiques. Il s'agissait pour plusieurs d'entre eux de leur seconde « saison » Feu de Forêt.
"C'est un peu plus dur qu'à l'habitude mais les gens nous donnaient tellement d'amour que... Que ça nous ressourçait."
Cette phrase, livrée par le lieutenant Thomas Pagès, chef du centre de Lucé et chef de groupe du GIFF d'Eure-et-Loir, résume le mélange d'épuisement et de solidarité qu'ont connu les pompiers euréliens. Sur le terrain, conditions météorologiques défavorables et sécheresse ont favorisé une propagation rapide et violente des flammes.
Chiffres et impact du sinistre
L'incendie, déclenché dans les Landes, a parcouru une surface très importante et entraîné des évacuations massives. Les éléments connus et confirmés :
- 3 600 hectares de forêt partis en flammes ;
- près de 30 000 personnes évacuées ;
- 198 habitations touchées.
| Éléments | Données |
|---|---|
| Personnel du SDIS 28 envoyé | 24 (dont 22 pompiers) |
| Structures de départ | Chartres, Lucé, Senonches, CTA |
| Durée d'intervention eurélienne | 1 semaine |
Sur le terrain : organisation et sensations
Les soldats du feu euréliens étaient répartis dans sept engins, soutenus par une logistique mécanique (mécanicien et aide-mécanicien) pour assurer la mobilité et le maintien des véhicules. Le lieutenant Pagès rapporte une intensité du feu qui a surpris par sa rapidité et sa violence ; le travail a consisté à freiner la progression et à protéger les zones habitées et les infrastructures.
Pour les pompiers venus de zones rurales du département, l'expérience a aussi été marquée par les rencontres avec des populations locales affectées. Ces échanges, dit Pagès, ont contribué à « ressourcer » les équipes malgré l'épuisement physique et psychologique.
Conséquences pour l'Eure-et-Loir
Au-delà du relief médiatique, cette mobilisation rappelle la nécessité de maintenir des capacités d'intervention et de mutualisation entre départements. Le départ du renfort depuis l'Eure-et-Loir montre la solidarité nationale entre services d'incendie, mais interroge aussi sur la pression croissante subie par les sapeurs-pompiers en période de sécheresse et de canicules successives.
Les habitants du département concernés par des départs en renfort ont témoigné de la fierté mêlée d'inquiétude : fierté d'aider, inquiétude de connaître des épisodes de plus en plus fréquents. Le SDIS 28 n'a pas communiqué d'autres chiffres au-delà de ceux fournis par les bilans nationaux concernant le sinistre des Landes.
La mobilisation eurélienne à Biscarrosse illustre, une nouvelle fois, l'importance des moyens humains et logistiques face aux incendies de grande ampleur. Elle pose aussi la question des moyens préventifs et du soutien aux personnels engagés sur la durée.