Un bilan de Bercy et une mise en garde sur l'avenir budgétaire
Éric Lombard, ancien ministre des Finances, publie ce mercredi un récit de ses mois au gouvernement et dresse un diagnostic sans ambages sur l'état des comptes publics à l'approche de 2027. Tirant des leçons de son court passage à Bercy, il affirme qu'il faudra accepter des hausses d'impôts lors du prochain quinquennat si l'on veut rééquilibrer durablement les finances publiques.
Le propos est double : d'une part, Lombard met en avant des résultats concrets obtenus sous sa responsabilité ; d'autre part, il cherche à placer la question du « suivi » des réformes au cœur du débat politique, estimant que l'écart entre annonces et effets palpables nourrit la défiance citoyenne.
Des mesures citées comme preuves d'efficacité
Parmi les actions qu'il souligne figurent des mesures industrielles et commerciales visant à protéger les filières stratégiques et la mise en place d'une fiscalité ciblée sur certains flux. Il rappelle également une amélioration chiffrée des comptes publics pendant son mandat, point qu'il présente comme la démonstration qu'il existe des chemins de réforme même sans majorité stable à l'Assemblée.
« une grande coalition »
Sur le plan politique, Lombard ne se contente pas d'un récit technique : il annonce son intention de se présenter aux élections législatives et évoque le rêve d'une « grande coalition » en 2027, formule visant à réunir des forces politiques afin d'imposer des compromis difficiles mais nécessaires pour la stabilité budgétaire.
- Réduction du déficit : il mentionne une baisse mesurée mais rapide du déficit public durant sa période à Bercy.
- Protection industrielle : interventions sur l'acier et mesures contre les flux commerciaux jugés problématiques.
- Fiscalité ciblée : introduction de taxes sur certains envois et dispositifs pour encadrer les importations.
Conséquences politiques et difficultés pratiques
La démonstration de Lombard a une portée politique claire : en annonçant d'emblée que des prélèvements supplémentaires seront nécessaires, il tente de déplacer le débat public vers l'acceptation de contraintes budgétaires partagées. Mais une telle stratégie se heurte à deux réalités. D'une part, la sensibilité des électeurs aux questions fiscales reste élevée ; d'autre part, la capacité à obtenir des majorités stables pour conduire des réformes d'ampleur n'est pas assurée, d'où son appel aux coalitions élargies.
| Mesure évoquée | Effet avancé |
|---|---|
| Réduction du déficit | Baisse de 0,7 point en un an (selon l'auteur) |
| Plan acier | Renforcement des barrières face à la concurrence étrangère |
| Taxe sur petits colis | Encadrement des flux commerciaux ciblés |
Enfin, Lombard pointe un enjeu organisationnel : la mise en œuvre des réformes serait souvent moins suivie que leur conception, un déficit de coordination qu'il tient pour responsable d'une partie de la défiance envers les responsables publics. Son propos conjugue donc diagnostic technique et offre politique, en préparant le terrain pour une candidature législative et une proposition de rassemblement au centre-droit et au-delà.
Reste la question centrale pour 2027 : les forces politiques accepteront-elles, au milieu d'un électorat prudent, de porter des mesures fiscales qui paraissent aujourd'hui inéluctables selon l'ancien ministre ?