Une journée pour maintenir des compétences vitales
Le 20 juin, une vingtaine de spéléologues issus du Grand Est se sont retrouvés pour un exercice de secours dans le gouffre Hadès, cavité située à la limite des Vosges et de la Haute-Marne. Initiée par les conseillers techniques départementaux en spéléologie (CTDS) des deux départements, cette formation visait à entretenir et perfectionner les gestes et la coordination des équipes appelées à intervenir sous terre.
Vingt-trois participants ont été mobilisés au cours d'une journée intense d'environ huit heures, au terme de scénarios conçus pour reproduire des difficultés réelles : désobstruction, franchissement de passages étroits, transport d'une victime par civière et mise en place de lignes de transmission jusqu'au poste de commandement.
Une organisation structurée, comme en opération
Les organisateurs ont reproduit une structure de secours en plusieurs pôles, chacun chargé d'une mission précise. Sous la direction d'Eric Pery (CTDS des Vosges), les équipes ont été réparties de la manière suivante :
- Gestion : centralise les informations, élabore le planning et supervise les équipes engagées sous terre.
- Assistance à la victime : bilan médical initial et installation de la personne blessée dans un « point chaud » en attente d'évacuation.
- Transmission : pose et maintien d'une ligne téléphonique entre le poste de commandement et les équipes souterraines.
- Désobstruction : élargissement des passages impossibles à franchir en l'état pour permettre le passage de la civière.
- Évacuation : installation d'agrès (vires, amarrages, franchissements de puits) et portage de la civière.
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| Yann Guivarch | CTDS Haute-Marne/Meuse, co-initiateur |
| Eric Pery | CTDS Vosges, directeur des secours souterrains |
| Eric David | Conseiller technique national, membre de la CRON |
La présence d'Eric David, conseiller technique national venu du Jura et rattaché à la Cellule ressource opérationnelle nationale (CRON), a permis d'ancrer l'exercice dans le cadre réglementaire des interventions de sécurité civile et d'assurer une permanence méthodologique en cas de sollicitation de l'État.
Un scénario réaliste pour se préparer aux imprévus
Le fil rouge de la journée était un accident simulé : un spéléologue s'étant tordu la cheville dans un chaos de blocs nécessite une évacuation délicate. L'exercice a mis l'accent sur la sécurité des secouristes, la communication entre surface et souterrain et la capacité à adapter les techniques d'extraction aux contraintes géologiques de la cavité.
Pour les petites communes riveraines et les pratiquants locaux, ces entraînements sont un gage de réactivité et de compétence : face à la configuration souvent étroite des cavités locales, seule une coordination rodée entre désobstruction, évacuation et transmissions permet d'assurer la sécurité des victimes comme des intervenants.
Un maillage local indispensable
Le nombre de spéléologues secouristes en France dépasse désormais les 2 000, rappelant l'importance d'une formation continue. Des actions similaires, menées à l'initiative des CTDS et appuyées par la CRON, contribuent à maintenir un maillage territorial capable d'intervenir rapidement en cas d'accident souterrain. Elles renforcent également les liens entre départements voisins — ici la Haute-Marne, la Meuse et les Vosges — qui partagent des cavités et des risques communs.
La réussite de ces exercices repose autant sur la technicité individuelle que sur la rigueur organisationnelle : plans, transmissions et rôles clairement définis créent les conditions d'une opération sûre et efficace lorsque la situation l'exige.