La commande vient, la livraison tardera
Pour répondre à une saison des incendies déjà particulièrement active, l'État a annoncé l'achat de nouveaux avions bombardiers d'eau. Deux Canadair ont été commandés pour la flotte française avec une date de livraison estimée en 2032. Parallèlement, deux appareils supplémentaires, cofinancés dans le cadre du programme européen RescUE, sont attendus plus tôt, autour de 2028. Dans l'intervalle, les opérations restent assurées par une flotte limitée et vieillissante.
Un parc réduit et âgé face à des feux qui s'intensifient
Actuellement, la France dispose de 12 Canadair opérationnels. Leur âge moyen dépasse les 30 ans, ce qui pose des questions de disponibilité et de coûts d'entretien. Sur le plan opérationnel, ces appareils restent indispensables : ils sont régulièrement déployés dans les Pyrénées-Orientales et ailleurs, aux côtés d'hélicoptères et d'importants moyens terrestres. Mais face à la hausse de la fréquence et de l'intensité des incendies, la capacité apparaît sous-dimensionnée.
« une flotte performante, mais dont la mobilisation croissante et le vieillissement constituent des facteurs de préoccupation »
Pourquoi les délais sont longs
La production mondiale de cet avion repose quasi exclusivement sur le constructeur canadien De Havilland. Le fabricant avait interrompu la chaîne de fabrication pendant plus d'une décennie faute de commandes, et ne l'a relancée qu'en 2025. Ce redémarrage explique en grande partie l'échelonnement des livraisons à l'horizon 2028–2032.
Que change le cofinancement européen ?
Plutôt que d'attendre seul la production, la France a intégré le mécanisme européen RescUE, une réserve commune destinée à mutualiser des moyens de protection civile. Grâce à ce dispositif, deux appareils destinés à la flotte française seront partiellement financés par l'Union européenne et arriveraient avant les deux appareils commandés directement par Paris. Le recours à RescUE illustre la combinaison de réponses nationales et européennes pour pallier les contraintes d'offre industrielle.
Conséquences et défis
- Capacité opérationnelle : à court terme, la France devra composer avec une flotte limitée et vieillissante pour gérer des feux d'une ampleur croissante (14 500 hectares déjà brûlés cette saison).
- Calendrier d'équipement : les livraisons échelonnées retardent le renouvellement complet et maintiennent une dépendance à des avions anciens et coûteux à entretenir.
- Dimension budgétaire et industrielle : la relance de la production mondiale profite au besoin français, mais elle met en lumière la vulnérabilité liée à la concentration de l'offre chez un seul constructeur.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Canadair actuellement en service | 12 |
| Âge moyen de la flotte | > 30 ans |
| Superficie déjà brûlée cette saison | 14 500 hectares |
| Livraison des appareils cofinancés par l'UE | 2028 |
| Livraison des deux appareils commandés par la France | 2032 |
À moyen terme, la question sera moins celle du financement que de la stratégie industrielle : diversifier les sources d'approvisionnement, accélérer la production ou développer des alternatives nationales (drone de largage, conversion d'appareils civils) sont autant d'options possibles. À court terme toutefois, c'est la coordination entre moyens terrestres, hélicoptères et les appareils disponibles qui déterminera l'efficacité de la réponse face à une saison des feux qui ne montre pas encore de signe d'essoufflement.