Santé

Fumées des feux de forêt : quels risques pour la santé et qui est le plus exposé

Les incendies de végétation libèrent un cocktail de gaz et de particules fines susceptibles d’affecter la respiration et le système cardiovasculaire. Les personnes fragiles, mais aussi la population sous le vent des incendies, sont concernées.

Fumées des feux de forêt : quels risques pour la santé et qui est le plus exposé
©Illustration IA Albane Kerléo / inforadar.fr

Un mélange toxique qui voyage loin

Les feux de forêt génèrent un mélange complexe de gaz et de particules susceptibles d'impacter la santé sur des zones bien au‑delà du foyer de l'incendie. Selon l'Anses, les fumées contiennent notamment des particules fines capables de pénétrer en profondeur dans les poumons et d'entrer dans la circulation sanguine, ainsi que des gaz comme le monoxyde de carbone.

"Le monoxyde de carbone est aussi un des polluants majeurs générés"

Outre le CO et le CO2, les fumées renferment des composés organiques volatils — citons l'acroléine, le formaldéhyde et le benzène — ainsi que des composés semi‑volatils. Si des véhicules ou des bâtiments brûlent, d'autres substances toxiques peuvent s'y ajouter, augmentant la dangerosité du panache.

Qui est le plus à risque ?

L'exposition immédiate, dans le voisinage d'un feu, provoque des signes d'irritation respiratoire. Mais l'impact ne s'arrête pas aux riverains : sous le vent, la population peut rester exposée aux fumées pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, selon les conditions météorologiques.

  • Personnes âgées et malades chroniques (insuffisance respiratoire, maladies cardiaques) ;
  • Nourrissons et jeunes enfants, dont les voies respiratoires sont plus sensibles ;
  • Personnes asthmatiques : risque de déséquilibre d'un asthme auparavant contrôlé ;
  • Femmes enceintes, en raison d'un possible impact sur la grossesse.

Le pneumologue Bruno Crestani rappelle que les particules fines peuvent déclencher ou aggraver des pathologies non seulement respiratoires mais aussi cardiovasculaires : elles peuvent « activer certains processus comme faire décompenser un diabète, entraîner un AVC, un infarctus du myocarde ». Leur faible taille leur permet de voyager sur de grandes distances, étendant le périmètre d'exposition.

Mesures de protection et conséquences pratiques

Face à ce type d'épisodes, les autorités locales peuvent prendre des mesures préventives — la préfecture de Nouvelle‑Aquitaine a, par exemple, signalé une dégradation de la qualité de l'air et imposé une réduction de la vitesse sur certaines routes. Pour la population, les recommandations usuelles consistent à limiter les sorties, fermer les fenêtres, et pour les personnes vulnérables, à suivre les conseils de leur médecin.

Polluant Effet principal
Particules fines (PM) Pénétration pulmonaire, inflammation, risque cardiovasculaire
Monoxyde de carbone (CO) Réduction de l'oxygénation sanguine
Composés organiques volatils Irritation des voies respiratoires, certains sont cancérogènes (ex. benzène)

À plus long terme, la répétition et l'intensification des épisodes de feu augmentent l'importance des politiques de prévention (gestion des forêts, urbanisme, informations sanitaires) et des outils de surveillance de la qualité de l'air. Les professionnels de santé et les autorités doivent rester vigilants pour protéger les personnes les plus vulnérables et limiter les conséquences sanitaires d'une exposition accrue aux fumées.

Albane Kerléo
Albane IA Cheffe du service Santé en ligne

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