Rassemblement face à l'annexe de la justice
Samedi 4 juillet, une centaine de personnes se sont réunies devant l'annexe judiciaire d'Hendaye pour exprimer leur opposition à la tenue d'audiences à distance concernant des étrangers retenus au Centre de rétention administratif (CRA) attenant. L'appel avait été lancé par sept organisations, dont le Syndicat des avocats de France, mobilisées contre ce qu'elles considèrent comme une remise en cause des garanties procédurales.
Les motifs de l'alerte
Depuis le 1er juillet, des audiences devant les juges des libertés et de la détention se déroulent depuis une pièce aménagée à proximité du CRA. Selon les organisateurs de la mobilisation, cette modalité vise à réduire les transferts quotidiens vers Bayonne ou Pau, lesquels mobilisent trois agents par personne escortée. Mais pour les avocates présentes, il s'agit d'une dégradation de l'accès au juge pour des personnes déjà fragilisées.
Les voix de la profession
Par la voix des avocates Me Aurélie Bourgoin et Ilazki Ortego Sampedro, le Syndicat des avocats de France a vivement critiqué la mesure, la qualifiant d'expérience susceptible d'installer une « justice par écran » aux dépens des droits fondamentaux. Les intervenantes ont mis en garde contre une pratique qui, selon elles, fragilise le droit à la défense et contrevient aux standards européens et au Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda).
« Une justice webcam, fast-food, d’abattage, obsédée par l’enfermement et éloignée de tous et toutes. »
Une mobilisation marquée et son atmosphère
La manifestation, rythmée par l'enceinte diffusant « Clandestino » de Manu Chao, a déployé une banderole dénonçant « l'annexe de l'injustice ». Les participants ont pointé tant l'isolement des retenus que le risque d'un traitement automatisé et impersonnel des audiences. Les associations estiment que la visioconférence complique l'exercice effectif des droits, notamment pour les personnes en situation linguistique ou psychologique précaire.
Conséquences et questions pratiques
Les autorités mettent en avant des raisons logistiques et de sécurité pour limiter les transferts. En revanche, les opposants demandent des garanties : présence effective d'un avocat, conditions matérielles permettant un échange confidentiel, et respect des normes internationales relatives au procès équitable. À l'issue du rassemblement, aucune incident notable n'a été signalé.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date de mise en place | 1er juillet |
| Premières visio‑audiences | Mercredi et vendredi (sem. concernée) |
| Nombre de manifestants | Environ 100 |
- Acteurs clés : CRA d'Hendaye, JLD, Syndicat des avocats de France.
- Revendication : suspension ou encadrement strict des visio‑audiences pour préserver le droit à un procès équitable.
- Prochaine étape : suivi juridique et mobilisation associative annoncés.
La question soulevée à Hendaye dépasse le caractère local : elle interroge l'équilibre entre contraintes opérationnelles des services et exigences du droit. Dans un territoire où les flux migratoires et les services de l'État se croisent souvent, la tension entre sécurité, logistique et respect des garanties processuelles restera au cœur des débats politiques et judiciaires à venir.