La décision
La justice administrative a rendu, le 3 août, une décision défavorable à Xenia Fedorova : son recours visant à obtenir la suspension d'un arrêté ministériel d'expulsion et le dégel de ses avoirs a été rejeté. L'ancienne dirigeante de RT France, devenue chroniqueuse sur plusieurs antennes, contestait une mesure prise par le ministère de l'Intérieur fin juillet.
Les motifs retenus par le juge
Dans son communiqué, le tribunal des référés a estimé que la requérante n'avait pas démontré une « condition d'extrême urgence » justifiant la suspension immédiate de la décision administrative. Les magistrats ont notamment relevé qu'elle n'avait exposé «
aucun besoin de sortir du territoire parisien», n'avait sollicité « aucune autorisation auprès du préfet de police » et s'était contentée d'affirmer, sans précision, que l'obligation de pointage lui causait une gêne.
Le contexte politique et administratif
L'arrêté d'expulsion, notifié le 29 juillet, considère que le comportement de la journaliste porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État et que sa présence sur le territoire représente « une menace particulièrement grave et actuelle pour l'ordre public ». Les autorités lui reprochent en particulier d'avoir joué un rôle de relais de « narratifs » favorables au Kremlin, qu'elles assimilent à des campagnes de désinformation visant à déstabiliser l'ordre public en France.
Positions et suite possible
La décision du juge des référés intervient alors que la principale intéressée était, selon la procédure, assignée à résidence depuis quelques jours. Son avocat affirme toutefois que Xenia Fedorova se trouve « à l'étranger » et qu'elle ne reviendra en France que si l'arrêté d'expulsion est suspendu — une position qui met d'emblée en lumière les enjeux procéduraux d'une mesure d'éloignement lorsqu'elle rencontre des réalités factuelles de déplacement.
- 29 juillet : notification de l'arrêté ministériel d'expulsion.
- Fin juillet-début août : assignment à résidence et gel des avoirs contestés devant le tribunal.
- 3 août : rejet du recours par le juge des référés.
Conséquences et enjeux
Au-delà du sort personnel de Xenia Fedorova, cette affaire illustre la tension entre la gestion de la sécurité nationale et la liberté d'expression dans le paysage médiatique français. La mesure d'expulsion prise par l'exécutif vise à couper ce que l'État juge être un relais de narratifs étrangers potentiellement déstabilisateurs ; la réponse du juge des référés se fonde pour sa part sur l'appréciation stricte des conditions d'urgence nécessaires à la suspension immédiate d'une décision administrative. La procédure reste toutefois ouverte sur le fond, et la portée définitive des mesures dépendra des suites contentieuses que la défense choisira d'engager et des éléments que l'administration pourra faire valoir pour confirmer son appréciation des risques pour l'ordre public.
| Date | Événement |
|---|---|
| 29 juillet | Arrêté ministériel d'expulsion notifié |
| Début août | Assignation à résidence et gel des avoirs |
| 3 août | Rejet du recours par la justice administrative |