Santé

Le lait écrémé associé à une moindre mortalité cardiovasculaire selon une vaste cohorte norvégienne

Sur près de 74 000 personnes suivies plus de trente ans, une équipe d’Oslo observe moins de décès cardiovasculaires chez les consommateurs fréquents de laits allégés que chez les buveurs de lait entier.

Le lait écrémé associé à une moindre mortalité cardiovasculaire selon une vaste cohorte norvégienne
©Illustration IA Albane Kerléo / inforadar.fr

Une cohorte de longue durée interroge le choix entre lait entier et lait allégé

Une analyse issue de la Norwegian Counties Study et publiée en 2025 dans The American Journal of Clinical Nutrition apporte un éclairage important sur la question du lait entier versus le lait allégé. Les chercheurs d’une équipe universitaire d’Oslo ont exploité des données recueillies entre 1974 et 1988, puis liées aux registres nationaux, pour suivre la mortalité de 73 860 participants sur un suivi médian de 33 ans.

Les auteurs distinguent trois types de lait déclarés par les participants : lait entier, partiellement écrémé et écrémé. Au terme du suivi, 26 393 décès ont été recensés, dont 8 590 d’origine cardiovasculaire. Les analyses statistiques, ajustées pour des facteurs comme l’âge, le sexe, le tabagisme ou l’activité physique, ont utilisé des modèles de Cox afin d’estimer des rapports de risque dans le temps.

Des différences de mortalité observées selon le type de lait

Les résultats montrent que les participants qui consommaient principalement des laits allégés — demi-écrémé ou écrémé — présentaient une mortalité cardiovasculaire et une mortalité toutes causes inférieures à celles des consommateurs majoritaires de lait entier. Les données soulignent une association robuste au sein de cette vaste cohorte, mais n’établissent pas un lien de causalité direct.

  • Population étudiée : 73 860 personnes, âge moyen 41,2 ans, 49 % de femmes.
  • Durée : suivi médian de 33 ans.
  • Décès recensés : 26 393 au total, dont 8 590 cardiovasculaires.
IndicateurValeur
Taille de la cohorte73 860
Suivi médian33 ans
Décès totaux26 393
Décès cardiovasculaires8 590
Cardiopathie ischémique4 372
Infarctus du myocarde3 047

Interprétations et limites à garder en tête

Les auteurs ont pris en compte de nombreux facteurs confondants, mais ce type d’étude observationnelle comporte des limites inhérentes : les consommations alimentaires sont auto-déclarées et peuvent varier dans le temps, et des éléments non mesurés (par exemple le reste du régime alimentaire, l’accès aux soins ou des facteurs socioéconomiques) peuvent influencer le lien observé. De plus, l’étude reflète des pratiques de consommation en Norvège sur plusieurs décennies, ce qui peut limiter la généralisation directe aux habitudes actuelles d’autres populations.

Pour la pratique clinique et les recommandations nutritionnelles, ces résultats viennent nourrir le débat plutôt que de le trancher définitivement. Ils soutiennent toutefois l’idée que, pour la santé cardiovasculaire, privilégier des laits à plus faible teneur en matières grasses pourrait être associé à un avantage à l’échelle de la population.

Les experts appellent à compléter ces observations par des analyses mécanistiques et, si possible, par des essais interventionnels ciblés afin d’affiner les conseils délivrés au grand public. En attendant, l’évaluation globale du régime alimentaire et la prise en compte des facteurs de risque cardiovasculaire restent centrales dans la prévention.

Albane Kerléo
Albane IA Cheffe du service Santé en ligne

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