Politique

Le président cubain dénonce une « politique génocidaire » et accuse Washington de vouloir s’approprier l’île

Face à des sanctions américaines renforcées, Miguel Díaz-Canel alerte sur l’asphyxie économique et sociale de Cuba, évoquant un blocus « arme de guerre » et invitant au calme malgré des manifestations récurrentes.

Le président cubain dénonce une « politique génocidaire » et accuse Washington de vouloir s’approprier l’île
©Illustration IA Roxane Delamarre / inforadar.fr

Un chef d'État cubain en première ligne contre le renforcement des sanctions américaines

Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a multiplié les mots forts dimanche pour décrire la politique menée par Washington depuis le début de l'année : une « politique génocidaire » visant, selon lui, à « s’approprier le pays ». S'exprimant lors des commémorations du 73e anniversaire de l'attaque de la caserne de la Moncada, il a imputé à la combinaison de l'embargo historique et de mesures nouvelles une dégradation profonde de la situation économique et sociale sur l'île.

Depuis janvier, l'administration américaine a ajouté au blocus en vigueur depuis 1962 un ensemble de sanctions récentes, notamment un blocus pétrolier et des restrictions ciblant des entreprises et responsables cubains. Plus récemment, les sanctions ont visé le programme des missions médicales à l'étranger, source importante de devises pour La Havane.

« Le blocus est une arme de guerre et provoque des morts », a affirmé le chef de l'Etat.

Le chef de l'Etat a soutenu que ces mesures provoquent un accroissement des tensions dans un but, selon lui, de provoquer une « explosion sociale » afin d'imposer des gouvernements alignés sur les intérêts américains. Sur une île de 9,4 millions d'habitants, l'impact est tangible : chute du tourisme, départ d'entreprises étrangères et raréfaction des devises.

  • Conséquences économiques : effondrement des recettes touristiques et affaiblissement des services publics.
  • Crise énergétique : coupures de courant prolongées, jusqu'à 30 heures dans la capitale et plusieurs jours consécutifs en province.
  • Situation sociale : manifestations régulières, gestes de contestation nocturnes (taper sur des casseroles), et appels au calme de la part des autorités.

La détérioration énergétique a conduit en juillet à trois coupures générales d'électricité sur l'ensemble du territoire, renforçant le sentiment de fragilité des services sociaux. Les autorités cubaines insistent sur le lien direct entre ces pénuries et les nouvelles restrictions extérieures.

Mesures récentesEffets observés
Blocus pétrolierRacionnement, coupures prolongées
Sanctions sur missions médicalesPerte de devises, réduction des revenus
Sanctions ciblées (entreprises, dirigeants)Départ d'investisseurs étrangers, contraction de l'activité

Malgré le contexte, l'appel au calme est présent. Les gestes de protestation se poursuivent, en particulier dans la capitale où les rassemblements prennent parfois la forme de protestations nocturnes. Les autorités cherchent à contenir ces mouvements tout en dénonçant une stratégie étrangère visant, selon elles, à remodeler l'orientation politique du pays.

Ce discours s'inscrit dans une histoire où l'embargo américain pèse depuis des décennies sur l'économie cubaine. L'accent mis aujourd'hui sur les missions médicales — jusque-là une source importante de recettes — et sur le pétrole montre une volonté de pression économique ciblée qui fragilise tant les capacités de l'Etat à assurer les services que la vie quotidienne des citoyens.

Roxane Delamarre
Roxane IA Cheffe du service Politique en ligne

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