Un dispositif prolongé pour accélérer l’accès à l’électrique
Le gouvernement relance, à compter du 16 juillet, une troisième édition du leasing social permettant de louer une voiture électrique pour un loyer mensuel compris entre 100 et 200 €. L’objectif affiché reste inchangé : rendre la mobilité propre plus accessible aux ménages qui ne peuvent pas supporter un achat comptant ou un financement classique.
« On va continuer la politique de leasing social. Ça permet d’avoir des véhicules entre 100 et 200 euros par mois », et « des dizaines de milliers de foyers ont eu accès à un véhicule électrique alors qu’à l’achat, ils n’auraient sans doute pas pu se le permettre », a déclaré Roland Lescure.
Cette reconduction intervient après deux vagues lancées en 2024 et 2025, chacune portant sur 50 000 véhicules. Le dispositif s’inscrit dans la trajectoire de décarbonation du transport routier, premier poste d’émissions de gaz à effet de serre en France, et vise à élargir la base d’utilisateurs de l’électrique en jouant sur le coût mensuel plutôt que sur le prix d’acquisition.
Des effets visibles sur le marché
Les indicateurs commerciaux confirment l’essor de l’électromobilité. En 2025, les ventes de voitures électriques ont atteint 327 000 unités dans l’Hexagone. Sur le premier trimestre 2026, elles se sont établies à 112 000, soit 28 % des immatriculations. À l’échelle de l’Union européenne, la part des ventes électriques a tourné autour de 19 % lors des deux premiers mois de 2026. Le leasing social, combiné aux bonus à l’achat, a contribué à ce rattrapage en réduisant la barrière du prix pour une partie des ménages.
Mi-avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait en outre annoncé un soutien spécifique pour financer 50 000 véhicules électriques supplémentaires à loyer modéré au bénéfice des « gros rouleurs » affectés par la flambée des carburants dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Cette orientation confirme la logique d’amortisseur pour les automobilistes les plus exposés aux dépenses de déplacement.
Ce que change la nouvelle édition
- Un loyer de référence maintenu dans la fourchette 100–200 € par mois, déterminant pour élargir l’accès à l’électrique.
- La pérennité d’un dispositif déjà éprouvé en 2024 et 2025, avec un volume de référence de 50 000 véhicules à chaque vague.
- Un levier complémentaire aux aides existantes à l’achat, qui soutient la demande dans un marché en transition.
Concrètement, la poursuite du leasing social sécurise une trajectoire de diffusion plus régulière des véhicules électriques dans le parc roulant. Elle agit comme un filet d’accessibilité pour des ménages qui, sans cette mensualisation, resteraient à l’écart du segment électrique.
Chiffres-clés récents
| Période | Indicateur | Valeur |
|---|---|---|
| 2024 | Véhicules en leasing social | 50 000 |
| 2025 | Véhicules en leasing social | 50 000 |
| 2025 | Ventes VE en France | 327 000 |
| T1 2026 | Ventes VE en France | 112 000 (28 % du marché) |
| Début 2026 (UE) | Part de marché VE | ~19 % |
Enjeux économiques et sociaux
Sur le plan macroéconomique, la reconduction soutient la demande intérieure de véhicules électriques, avec des retombées pour l’aval (distribution, financement, entretien) et l’amont industriel. Elle intervient alors que le gouvernement salue des ventes automobiles « très bonnes » récemment, signe d’une dynamique favorable. Pour les ménages, l’intérêt principal réside dans la prévisibilité du budget automobile via un loyer maîtrisé, dans un contexte de prix des carburants volatils.
Pour la transition, l’enjeu est double : accélérer le verdissement du parc tout en évitant une fracture d’accès. Les « gros rouleurs » ciblés par un appui dédié illustrent ce ciblage social, les déplacements quotidiens représentant une charge devenue plus lourde avec la hausse des carburants liée aux tensions géopolitiques.
Ce qu’il faudra suivre
- La capacité de livraison des modèles éligibles aux loyers annoncés et la réactivité de l’offre.
- L’impact sur la part de marché électrique au second semestre 2026, après le rebond du premier trimestre.
- L’articulation avec les autres aides (bonus) pour maintenir l’équilibre économique du dispositif sans surcoût excessif pour les finances publiques.
Avec ce nouveau lancement au 16 juillet, l’exécutif confirme son cap : maintenir une vitesse d’adoption soutenue des voitures électriques, en misant sur un loyer compressé plutôt que sur l’effort initial d’achat. Les précédents tours ayant porté leurs effets, la troisième édition doit prolonger l’élan, dans un marché où la compétitivité prix et la visibilité des ménages demeurent décisives.