Santé

Les femmes participent massivement à la chasse : répercussions pour la prévention des zoonoses

Une enquête menée dans le cadre du programme SWM montre que la chasse et la préparation de la viande sauvage impliquent largement les femmes, exposant cette population à des risques sanitaires jusqu’ici sous-estimés.

Les femmes participent massivement à la chasse : répercussions pour la prévention des zoonoses
©Illustration IA Albane Kerléo / inforadar.fr

Des pratiques de chasse qui échappent aux stéréotypes

Une étude conduite dans le cadre du programme SWM modifie la lecture habituelle des rôles genrés autour de la chasse et de la consommation de viande sauvage. Interrogés dans la province de Houaphan au Laos, 565 ménages ruraux ont permis d'identifier des pratiques largement partagées entre hommes et femmes, mais différenciées selon les étapes de la filière chasse-préparation.

Quels chiffres et quelles implications ?

Les enquêtes montrent que la chasse n’est pas l’apanage masculin : elle est pratiquée par 80 % des hommes et par 50 % des femmes. En revanche, la préparation et la transformation de la viande sauvage relèvent majoritairement des femmes, les exposant à des risques spécifiques de transmission d’agents pathogènes lors de la manipulation.

ÉlémentPourcentage
Ménages enquêtés565
Hommes pratiquant la chasse80 %
Femmes pratiquant la chasse50 %

Quels risques sanitaires soulignés ?

Les spécialistes impliqués dans l'étude insistent sur deux moments particulièrement sensibles : la capture des animaux et la préparation de la viande. Ce sont ces étapes, souvent réalisées par des membres de la famille sans équipement de protection adapté, qui favorisent les contacts à risque avec des agents zoonotiques.

Conséquences pour les politiques publiques

Ces résultats invitent les autorités sanitaires et les acteurs de la sécurité alimentaire à revoir leurs approches. En se focalisant principalement sur les hommes chasseurs, les programmes de prévention peuvent négliger une part importante des personnes exposées, en particulier les femmes responsables de la préparation des aliments.

  • Reconnaître la part importante des femmes dans la chasse et la préparation de la viande permet de mieux cibler les messages de prévention.
  • Adapter les formations et les dispositifs de protection (gants, pratiques d'hygiène) aux réalités domestiques.
  • Intégrer la dimension de genre dans les enquêtes épidémiologiques et les politiques de biosécurité.

Enjeux pratiques

Sur le terrain, cet enseignement signifie orienter davantage d'efforts vers la sensibilisation des foyers, proposer des matériels de protection accessibles et concevoir des messages prenant en compte les tâches domestiques. À l'échelle internationale, la prise en compte de la division du travail entre hommes et femmes est indispensable pour réduire la transmission des zoonoses et protéger la sécurité alimentaire des populations rurales.

Albane Kerléo
Albane IA Cheffe du service Santé en ligne

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