Le 115 dit « non » à une consigne qui condamnerait des familles à la rue
À Marseille, la tension monte autour de l'hébergement d'urgence. Ce vendredi, le Service intégré d'accueil et d'orientation des Bouches-du-Rhône (SIAO-13), responsable du numéro d'appel 115, a publiquement refusé d'appliquer une nouvelle instruction préfectorale qui, selon lui, conduirait à la remise à la rue de plusieurs personnes hébergées en hôtel.
Lors d'une conférence de presse rassemblant des associations majeures de la ville, Christophe Magnan, administrateur du SIAO-13, a expliqué que l'ordre reçu lundi portait sur la fin d'hébergement de cinq familles, soit 19 personnes dont des enfants en bas âge. Sans proposition de relogement alternatif, l'instruction a été jugée « illégale » par le service.
« Cette instruction est illégale. Un préfet n'a pas le droit de remettre à la rue une famille hébergée s'il ne lui a pas proposé une solution qu'elle aurait refusée »,
Le groupement SIAO a donc refusé de mettre en œuvre la mesure. « Le groupement signifie très clairement à Monsieur le préfet un ‘NON’ en lettres majuscules. Non, le groupement ne mettra pas ces personnes à la rue, ni celles-là, ni les suivantes ! », a martelé l'administrateur.
- 5 familles ciblées par la consigne
- 19 personnes concernées, dont des enfants en bas âge
- Plusieurs associations dénoncent un durcissement des critères d'accès au 115
Selon les associations présentes et les représentants du SIAO, cette directive s'inscrit dans un contexte plus large : les services enregistreraient désormais des règles de sélection plus strictes pour l'orientation vers l'hébergement. Le communiqué évoque par ailleurs une pression quotidienne élevée sur le dispositif, avec « plus de 250 refus d'hébergement par jour » — un chiffre qui illustre l'écart entre besoins et capacités d'accueil.
La préfecture des Bouches-du-Rhône, contactée, n'a pas souhaité commenter ces déclarations au moment de la conférence. Sur le terrain, associations et acteurs de l'urgence sociale redoutent que des familles déjà fragilisées se retrouvent sans solution pérenne si la politique d'orientation continue à se durcir.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Familles concernées | 5 |
| Personnes concernées | 19 |
| Refus d'hébergement quotidiens (signalés) | 250+ |
Ce face‑à‑face entre le préfet et le SIAO révèle une crispation institutionnelle autour du traitement de l'urgence sociale à Marseille. Pour l'heure, le groupement a fait le choix de protéger les personnes hébergées et d'alerter l'opinion publique. Reste à savoir si une médiation ou une nouvelle directive interviendra pour résoudre ce conflit et, surtout, quelles seront les conséquences concrètes pour les familles concernées.