Un rappel médiatique qui ravive la controverse autour des disparus français
José Castano, essayiste engagé depuis les années 1980 sur la question des disparus pendant la guerre d'Algérie, a salué la republication par le média algérien « La Radio des Sans Voix » d'un de ses textes. Pour lui, cette diffusion marque une avancée vers une vérité historique partagée, mais elle ravive aussi un débat politique en France sur le traitement mémoriel de ce dossier.
Dans une tribune récapitulative de son action, l'auteur se présente comme un « passeur de mémoire » et non comme un historien, rappelant son engagement de longue date pour que les victimes et leurs familles ne soient pas laissées dans l'oubli. Il dénonce surtout ce qu'il appelle un « double silence » : politique et mémoriel, imputé selon lui à l'État français.
« Les morts n’ont plus de voix, les disparus n’ont souvent plus de témoins, et il appartient aux vivants de refuser que le silence devienne leur seconde disparition »
Deux épisodes récents pris comme preuves
Pour illustrer ce manque d'attention officielle, José Castano cite deux événements impliquant la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, Alice Rufo. Le premier remonte au 8 mai 2026, lors des commémorations à Sétif, où, selon l'essayiste, « aucun mot n’a été consacré aux victimes européennes » tombées dans les violences ayant précédé ces événements. Le second concerne le 29 mai 2026, quand la ministre aurait décliné une invitation à se recueillir devant le Mur des Disparus près de Perpignan.
| Date | Événement |
|---|---|
| 8 mai 2026 | Commémorations à Sétif — absence, selon l'auteur, de toute évocation des victimes européennes |
| 29 mai 2026 | Refus signalé de se rendre au Mur des Disparus près de Perpignan |
Accusation d'une mémoire « sélective »
José Castano relie ces deux faits à une ligne politique plus large qu'il assigne au pouvoir actuel, qu'il qualifie de « macronien » : une pratique, selon lui, de repentances unilatérales publiques envers d'anciens adversaires de la France, combinée à une mise à l'écart des souffrances des Français d'Algérie. Il appelle à une recherche de la vérité comme condition nécessaire à toute forme de réconciliation.
Conséquences politiques et enjeux mémoriels
La prise de position de l'essayiste ravive plusieurs enjeux : la place des victimes européennes et de leurs familles dans la mémoire nationale, la responsabilité des pouvoirs publics dans la reconnaissance et la recherche des disparus, et l'équilibre entre gestes symboliques et réponses factuelles (recherches, accès aux archives, actes administratifs). Ce débat intervient dans un contexte où la mémoire de la guerre d'Algérie reste un sujet sensible et structurant des relations entre la France et l'Algérie.
- Pour les familles : la reconnaissance officielle reste un préalable à toute réparation morale.
- Pour les autorités : la manière de traiter ces commémorations conditionne leur capacité à apaiser des tensions mémorielles persistantes.
- Pour l'opinion : l'affaire interroge la place des différents récits historiques dans l'espace public.
Sans prendre parti, la reprise du texte par un média algérien et la virulence des critiques de José Castano placent la question des disparus d'Algérie au cœur d'un enjeu politique domestique : comment l'État français concilie-t-il ses gestes mémoriels à l'étranger et son attention aux victimes et aux descendants résidant sur son sol ? La réponse restera déterminante pour la crédibilité des institutions dans ce dossier délicat.