Un pas décisif pour un paysage historique de Montreuil
À Montreuil, la sauvegarde des Murs à pêches franchit une nouvelle étape. Le 27 juin, le conseil municipal a validé une convention avec le département de la Seine-Saint-Denis confiant à la Ville, à titre gratuit, la gestion de l’occupation de 40 parcelles représentant 5 hectares. En parallèle, la municipalité acte l’achat de deux parcelles appartenant à l’État pour 25 500 €, dont une de 1 630 m² destinée à prolonger un sentier au fil d’un ru. Un mouvement patient mais déterminé pour recomposer un site emblématique, morcelé par les décennies.
Redonner une cohérence d’ensemble
Les Murs à pêches, héritage vivant d’une production arboricole du XVIIe siècle, sont au cœur d’un équilibre fragile entre mémoire des gestes horticoles, respiration verte et usages contemporains. La convention permet à la Ville de reprendre la maîtrise des attributions et d’ordonner les projets sur un périmètre éclaté, afin d’éviter l’empilement d’initiatives sans lien entre elles.
« Le site des Murs à pêches est aujourd'hui très morcelé. Cette convention nous permet de valoriser cet espace vert, en reprenant la maîtrise des usages avec le développement de nouveaux projets liés à l'agriculture urbaine et la préservation de la biodiversité », explique Gaylord Le Chequer, premier adjoint au maire de Montreuil.
Consolider les cheminements et les continuités écologiques
L’acquisition de terrains d’État vient compléter la convention à l’échelle fine : le rachat d’une parcelle de 1 630 m² prolonge un itinéraire piéton à travers le site, le long d’un cours d’eau. Cet ajustement renforce les liaisons douces et contribue à retisser la trame verte et bleue, condition d’une meilleure circulation des espèces comme des promeneurs. L’ensemble vise une gestion plus lisible, où l’accueil du public cohabite avec la protection des milieux.
Un site morcelé, un projet commun
Le morcellement des Murs à pêches a longtemps freiné la mise en œuvre d’un projet d’ensemble. En confiant la gestion d’occupation à la Ville, le département outille une gouvernance unifiée. Les objectifs affichés portent sur la préservation de la biodiversité et l’agriculture urbaine : autant de leviers pour cultiver l’identité horticole du lieu, sans la figer. Le développement de sentiers et d’usages encadrés doit aussi permettre d’apaiser des tensions d’usage et de prévenir les dégradations.
Des usages à cadrer, un patrimoine à transmettre
Ce pas institutionnel n’épuise pas les défis : le maintien des paysages de murs, la lutte contre l’enfrichement non maîtrisé ou les pratiques irrespectueuses nécessitent une vigilance au long cours. Mais la convention et les acquisitions créent un cadre opérationnel, propice aux porteurs de projets, associations et jardiniers qui animent déjà le site. L’enjeu est de conjuguer mémoire horticole et fonctions écologiques autour d’une vision partagée, à l’échelle des parcelles comme des continuités paysagères.
Ce que change la convention, concrètement
- La Ville obtient la gestion d’occupation de 40 parcelles (soit 5 ha) confiées par le Département.
- Deux parcelles d’État sont rachetées par Montreuil pour 25 500 €.
- Un sentier traversant le site est prolongé grâce à une emprise de 1 630 m² le long d’un ru.
- Objectifs : agriculture urbaine, préservation de la biodiversité, clarification des usages.
Les chiffres-clés du dossier
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Parcelles confiées par le Département | 40 |
| Superficie correspondante | 5 hectares |
| Parcelles rachetées à l’État | 2 |
| Montant de l’acquisition | 25 500 € |
| Surface pour prolonger un sentier | 1 630 m² |
Au-delà des actes notariés et des conventions, c’est une trajectoire qui se précise : celle d’un paysage montreuillois réinvesti, mieux protégé et plus accessible. Un chantier au long cours, mais un cap réaffirmé.